«Rabat est devenue une grande capitale d’art et de culture en Afrique»

Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe (IMA)

Après la Biennale internationale d’art contemporain qui a eu un franc succès en séduisant jusqu’à présent 51.000 visiteurs, la ville de Rabat accueille du 17 octobre 2019 au 25 janvier 2020 une grande exposition placée sous le thème «Trésors de l’Islam en Afrique, de Tombouctou à  Zanzibar ». Cette exposition organisée par l’Académie du Royaume du Maroc, en partenariat avec l’Institut du Monde Arabe, le Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, mettra  en lumière 13 siècles d’histoire de l’Afrique sous différentes facettes.

Al Bayane: Vous avez parlé lors de la conférence de presse autour de l’exposition «Trésors de l’Islam en Afrique, de Tombouctou à  Zanzibar» organisée le 16 octobre, du regard renversé sur l’Afrique, sur son histoire, son art et sa civilisation. Comment l’art en général et cette exposition, en particulier pourront-ils changer cette vision «rétrograde» et  «passéiste»  sur le continent africain ?

Jack Lang: Ce qui est réjouissant d’abord, c’est que les pays du Nord ont aujourd’hui un grand respect pour l’art et la culture africains. Ce n’est pas le cas pour tout le monde bien sûr, mais il y a eu quand même des changements d’attitudes. Longtemps, les pays ex-colonialistes  avaient un rapport  de mépris ou d’ignorance à l’égard de l’Afrique, considérée comme un continent de second ordre. Et l’exposition montre évidemment à quel point cette synthèse entre l’Islam des lumières et l’Afrique est une source de beauté, d’harmonie, de splendeur en architecture, en art, en écriture et en beaucoup de matières. C’est un regard tout à fait neuf et fort qui peut contribuer à recréer un sentiment de fierté collective.

Vous avez souligné également dans votre intervention que la civilisation africaine était orale. En outre, la biennale de Rabat se veut, comme le disait son commissaire général, une réécriture de l’Histoire, entre autres celle de l’art en Afrique. Comment cette exposition pourra-t-elle contribuer à la réécriture de cette Histoire à la fois collective et enracinée?

Ce sont des scientifiques, des historiens, des spécialistes de l’art qui ont travaillé pendant des années sur ces sujets qui ont été proposés par des œuvres fortes à travers cette exposition. C’est une transmission de ce regard nouveau sur l’Afrique et sur l’apport extrêmement important de l’Islam en Afrique.

Rabat est devenue par l’organisation de grands événements artistiques et culturels phares non seulement une destination pour les artistes et amateurs de l’art, mais aussi une locomotive pour le continent africain en matière d’art. Comment voyez-vous l’avenir de cette capitale aux mille saveurs et couleurs?

C’est fabuleux ! Aujourd’hui, en ce moment, à Rabat, deux événements se déroulent, à savoir la Biennale d’art contemporain  et l’exposition «Trésors de l’Islam en Afrique».  Ce sont  deux événements imaginés et souhaités par Sa Majesté le Roi Mohammed VI… c’est fantastique. Et en même temps, il y a un grand théâtre qui se construit, les ateliers d’artistes qui s’installent, des centres d’art qui sont mis en place. Rabat est devenue de plus en plus une grande capitale d’art et de culture en Afrique.

Mohamed Nait Youssef

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