Rabia El Afdel: Une palette vigoureuse

Native de Nador et vivant à Casablanca, Rabia El Afdel a à son actif un ensemble d’expositions collectives et individuelles remarquable. Sa dernière exposition s’est tenue en avril 2018 à Tours en France, galerie Lavoisier. Certaines de ses œuvres ont connu d’heureuses enchères surtout à l’étranger où elle est désormais cotée. Présente dans les plateformes en ligne comme Artprice, Arnet ou Artmajeur, Rabia El Afdel est actuellement l’une des femmes peintres marocaines qui promettent beaucoup.

Avec ses personnages silhouettés, aux lignes courbes, ondées, fluides aussi bien que fuyantes, dont l’artiste se plaît à suggérer les attitudes, à signifier le mouvement lyrique; avec son utilisation hardie de la matière pour mieux travailler la surface et approfondir la texture; avec son recours au collage, aux tons chauds et à la technique de la brûlure (ou calcination) comme effet de lumière; avec des touches claires pour marquer les contrastes; enfin avec son choix éclectique d’éléments du corps comme l’œil, la main, ou d’objets usuels, Rabia El Afdel s’est créée un langage plastique d’une vigueur notoire, d’un symbolisme formel mettant en exergue la condition humaine vue sous le prisme du couple comme entité concentrant tous les rapports intimes et sociaux.

En fait, c’est un langage à plusieurs thématiques, que l’artiste condense sans coupure sur l’espace de sa toile, harmonisant les formes, calibrant la lumière, creusant davantage dans les champs colorés…

La notion de liberté comme celle du temps qui passe (suggérée par un sablier), l’expression géométrique du mouvement (horizontalisé, en faisceaux, sinueux, verticalisé, stylisé), la présence de signes graphiques, qui feraient de Rabia El Afdel une bonne peintre abstraite, ne manquent pas d’émouvoir et de rendre sensible cette palette d’un caractère singulier.

Le talent confirmé de l’artiste fait que son œuvre, depuis son commencement fin des années 1980, ne cesse d’évoluer vers une plus grande performance, grâce à des recherches menées de façon régulière et soutenue.

Abderrahman Benhamza

Critique d’art

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