Le retour à la «normalité»?

La présentation du bilan de 120 jours de l’investiture de l’actuel exécutif a surtout fait ressortir plutôt une note d’éclaircie, affichée par les diverses composantes de la majorité. Au-delà des insuffisances qui ont, sans doute, marqué cette action de courte durée et de grosses lésions de ses débuts, on retiendra donc cette forte volonté d’aller de l’avant pour booster son mandat. Incontestablement, cette démarche est d’autant plus judicieuse qu’elle s’avère rassurante, à plus d’un titre. Tout d’abord, on aura «refroidi» le désarroi qui taraudait cette période d’expectative, au sein d’un certain champ politique. D’autre part, on se serait pleinement redoublé d’effort dans le but de gagner en confiance vis-à-vis de tout son entourage et, du même coup, de mettre au pied du mur tous ses détracteurs.

Ceci étant, sans doute aurait-on droit à entrevoir l’avenir en «rose», avec ce regain de cause nécessaire pour mettre à contribution les 120 mesures avancées. Il est bien vrai que ces intentions émises, ce jour-là, avec le sourire qui ne quitte jamais le chef de file, auraient réchauffé le cœur, après tant de remous, au lendemain de son installation. Juste après cette cérémonie de la mise en public de son ébauche, on aura aussi relevé cette concorde qui remplissait les réactions de des leaders politique. Histoire de signifier que le passé est bel et bien derrière eux, maintenant qu’on s’y met, contre vents et marées, du moins pour le moment, semblent-ils entonner.

Cependant, on ne saurait se fier aux promesses d’une manière exclusive et non sans émotion, quoique l’optimisme mesuré soit de mise. Les dossiers en suspens, tout en particulier ceux trait aux questions sociales, sont tellement pesants que le désir ne suffirait guère pour venir à bout d’un si lourd et ardu besogne. La cohésion est certes impérative pour une telle tâche, encore faut-il se munir de suffisamment de courage et de hargne pour contrecarrer les riposte des courants réactionnaires et monopolistes d’en face. Le retour au système qu’on croyait révolu, axé sur l’absolutisme, s’est déjà illustré, ces derniers temps, s’en prenant tout particulièrement à l’élite politique.

En fait, si la majorité s’érige aujourd’hui en corps uni et fracassant, en vue d’affronter les divers enjeux qui l’attendent, non sans embûches, il importe aussi de s’interroger sur l’état de santé des partis non seulement ceux qui la composent, mais également toutes les entités partisanes de la scène politique. Car leur bonne santé est une condition sine qua non pour bâtir une vie institutionnelle forte et représentative. Or, on déplore la vulnérabilité de la quasi-totalité de cette composante, malmenée et émoussée, pour la plupart, par un régime phagocytaire.

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