Sans développement global et soutenable, la croissance n’est qu’un leurre

Sans développement global et soutenable, la croissance n’est qu’un miroir aux alouettes et un leurre, écrit l’écrivain Bensalem Himmich.

Dans un article intitulé «Au Maroc, l’espoir peut-il attendre ?» et faisant partie d’un ensemble encore inachevé, M. Himmich a souligné que pour tout pays développé ou en voie de développement, l’économie (…) a constamment besoin d’être prémunie et renforcée par un taux de croissance autour de 6% au moins. Par ailleurs, l’intellectuel et ancien ministre de la Culture relève que ce taux ne peut réanimer le marché du travail et soulager le chômage qu’en se maintenant et prospérant, rappelant dans ce sens le «célèbre» rapport de la Banque Mondiale de 1996 dont la lecture a fait dire à Feu SM Hassan II devant les députés que le Maroc était «au bord de la crise cardiaque».

Et d’ajouter que ce rapport avait noté que pendant les six dernières années qui ont précédé 1996, la croissance annuelle du PIB a été en moyenne de 4,3% et qu’il fallait «qu’elle atteigne vite 7% pour ramener le chômage à des niveaux soutenables».

Toutefois, poursuit M. Himmich, même si cette recommandation est réalisée et en mieux (12% en 1994), «elle n’aura aucune portée significative si elle n’agit pas positivement sur des indicateurs socio-économiques vitaux», à savoir la maîtrise du taux de croissance démographique, la baisse du chômage, la réduction des disparités sociales et régionales et l’allègement du déficit budgétaire et de la dette extérieure, etc.

Dans le même ordre d’idées, l’auteur de l’article évoque le rapport de l’ONU sur l’économie du Tiers-Monde des années 70 qui avait argué que «la croissance éprise d’économétrie et de rentabilité n’est pas le développement», déduisant que c’est pourquoi «la croissance record de 1994 (dopée par une bonne saison agricole) ne pouvait faire long feu, surtout que la sécheresse allait par la suite la prendre à revers».

Plus loin, l’auteur note que la question primordiale que «les responsables de l’économie et des finances devraient apprendre à prioriser et dont ils seront comptables auprès des électeurs et de l’opposition n’est pas le taux de croissance comme indicateur autonome et autosuffisant», mais c’est plutôt celle sur laquelle insistent deux prix Nobel d’économie, Amartya Sen, Joseph Stiglitz et d’autres néo keynésiens, à savoir : Comment vont les gens ?

A cet effet, M. Himmich est revenu sur l’Indicateur de Développement Humain (IDH), lequel a été érigé en premier indice-révélateur par l’économiste et banquier pakistanais Mahbub ul-Haq pour «évaluer toute politique économique et la juger selon le degré d’accessibilité des citoyens à leurs droits : la santé, protectrice et souveraine, l’habitat décent, les services, l’éducation, la culture, bref à une vie aisée, qualitative et qui a du sens».

Somme toute, l’écrivain marocain estime entre autres que ce qui compliquera davantage la situation (…) pour la majorité des pays dont le Maroc, «c’est qu’on ne voit pas encore le bout du tunnel, vu que le coronavirus, dont on ne cerne pas enfin le gène pathologique, s’acharne à perdurer au point qu’on nous recommande d’apprendre à vivre avec».

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