Scolarité-nouveaux horaires: L’improvisation ravive les flammes des protestations

L’enseignement se déconstruit. Après un démarrage de l’année scolaire hautement perturbé par la polémique suscitée par l’introduction du dialecte arabe marocain «darija» dans des manuels scolaires, le maintien de l’heure d’été et la façon dont cette mesure a été mise en application ont complété le reste.

D’une polémique à une autre. En effet, ce changement d’heure, ou maintient de l’heure d’été, a provoqué la colère des lycéens qui ont organisé des manifestations mercredi dans plusieurs établissements scolaires dans différentes régions du royaume. Ce mouvement de colère, qui a visiblement perturbé la scolarité dans ces établissements, risque de faire tache d’huile et de se propager aux autres collèges, jeudi et vendredi, alors que le ministère de tutelle s’apprête à appliquer un réaménagement des horaires d’entrée et de sortie des classes à partir de lundi prochain.

A ce propos, les annonces du ministère, marquées par l’improvisation, ont semé plus d’ambigüité et de perturbation. Un premier communiqué avait annoncé que les nouveaux horaires seraient appliqués dès la reprise de l’école, le mercredi 7 novembre, avant qu’une autre annonce de ce même département indiquera que l’horaire normal sera conservé jusqu’au lundi 12 novembre.

En plus de cette confusion dans les communiqués du département, le ministre de tutelle, Said Amzazi avait, dans une intervention sur une chaine de télévision publique, média de masse, de surcroit, dévoilé que les nouveaux horaires entreraient en vigueur le mercredi 7 novembre. Ainsi, les élèves et les parents se sont retrouvés devant des annonces contradictoires. Qui croire ? «Chaque heure fait sa plaie et la dernière achève», avait souligné l’écrivain et poète français, Théophile Gautier. Dans ce sillage, force est de constater que cette improvisation aggraverait le problème au lieu d’en atténuer les effets.

Un autre facteur s’est ainsi ajouté aux autres pour donner une autre ampleur à la colère des élèves et des parents qui craignaient de graves répercussions qu’auraient ces horaires sur les familles et le déroulement des cours. Par son improvisation, le ministre a ainsi jeté de l’huile sur le feu. Et les vents ravivant les flammes soufflaient de tous les côtés sur les réseaux sociaux. Dans cette atmosphère tendue, l’attitude de la fédération des parents d’élèves a servi également d’amplificateur.

Cette association avait réagi en publiant un communiqué virulent dans lequel elle criait au scandale imputant la responsabilité de ce changement/perturbateur au ministre, avant d’opter pour un apaisement suite à une réunion avec le ministre Amzazi.

C’est dire que la communication autour de cette crise a été marquée d’improvisation. Il s’agit, en fait, d’une véritable crise dont les conséquences sont aujourd’hui aussi perturbatrices que le changement d’heure, lui-même.Voilà comment des décisions improvisées ont alimenté des caisses de résonnances partout, perturbant le secteur et renvoyant une image négative du département de tutelle.

Belkassem Amenzou

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