Taza et Gaza, même sort, même combat !

Dans la vie des nations, il y a des moments où l’histoire s’accélère et des moments où elle ralentit.  Des changements qualitatifs, voire révolutionnaires, peuvent surprendre plus d’un. C’est bien ce qui s’est passé ce jeudi 10 décembre, un jour  qui restera à jamais marquant dans l’histoire contemporaine de notre pays  et gravé  dans la mémoire collective de notre peuple.  Deux entretiens successifs  du Souverain avec deux dirigeants de deux pays  ont mis notre pays au centre de l’actualité et suscité l’enthousiasme de tout un peuple de Tanger à Lagouira.

Le premier entretien téléphonique a eu lieu avec le Président américain Trump, au cours duquel  ce dernier «a  informé Sa Majesté le Roi, de la promulgation d’un décret présidentiel, avec ce que cet acte comporte comme force juridique et politique indéniable et à effet immédiat, portant sur la décision des États-Unis d’Amérique de reconnaitre, pour la première fois de leur histoire, la pleine souveraineté du Royaume du Maroc sur l’ensemble de la région du Sahara Marocain» (communiqué du Cabinet Royal). On ne mesurera jamais assez  la portée d’une telle décision du Président de la première puissance mondiale, membre permanent du Conseil de Sécurité. Elle sera suivie d’effets immédiats et à  court et moyen termes.

Outre le fait qu’elle donnera un élan sérieux aux relations bilatérales ne serait-ce que par l’extension de l’ALE (accord de libre-échange) qui intégrerait désormais nos provinces sahariennes, elle aura sûrement un «effet d’imitation» en incitant les autres pays à suivre les pas des USA.  Sans verser dans un optimisme démesuré, il n’est pas exclu de voir, dans un prochain avenir,  une série de  pays  aller dans ce  sens. D’ores et déjà, Dakhla, comme Laayoune, sont   en passe de se transformer en plateformes diplomatiques  et en centres d’attractivité pour les investissements  tant nationaux qu’étrangers.

Au final, la porte est grande ouverte pour notre pays de clore définitivement un différend artificiel qui n’a que trop duré, en entérinant par une décision onusienne le plan marocain d’autonomie comme voie unique de solution d’un tel conflit.

Bien sûr, ces acquis ne sont pas tombés du ciel et ne sont pas le fait du hasard. Ils sont le fruit d’une mobilisation populaire constante, toutes forces et toutes tendances confondues, sous la direction clairvoyante du Roi qui a su mettre dans la balance tout Son aura et le respect dont il jouit sur l’arène internationale auprès de ses pairs et de différents milieux diplomatiques et de groupes influents.

Cette mobilisation dans l’unisson, on en a besoin plus que jamais. Notre front intérieur doit rester soudé et fort en capitalisant l’enthousiasme populaire par des réformes structurelles allant dans les sens de  la consolidation du processus démocratique et plus  de justice sociale.Pour ce qui est du   deuxième entretien, SM le Roi a tenu à réitérer à Son interlocuteur le Président de l’Autorité Nationale Palestinienne  la position constante  et historique du Maroc à l’égard de la question palestinienne et son engagement constructif   «pour parvenir à l’établissement d’une paix juste et durable dans la région du Moyen-Orient» sur la base de deux Etats.

Ce faisant, le Roi a mis fin à toutes les interprétations des pêcheurs en eaux troubles concernant la position prise souverainement par notre pays à reprendre des contacts  avec l’Etat d’Israël dans le sens justement de parvenir à terme à une solution juste et équitable  du  conflit israélo palestinien qui passera nécessairement par la constitution d’un Etat palestinien sur l’ensemble de ses territoires  avec Jérusalem Est comme capitale.

Pour tout analyste sérieux, et tout observateur  objectif, il ne s’agit nullement d’une opération d’échange, une sorte de «troc» et  de donnant-donnant comme tentent de l‘accréditer vainement certains milieux malveillants qui cherchent, consciemment ou inconsciemment,  à nuire aux intérêts du pays en voyant  des problèmes là où il n’y en a pas. En  reprenant des contacts avec l’Etat hébreu dans la perspective de rétablissement des relations diplomatiques, sans arrêter  une  date  fixe,   détail important à rappeler, le Maroc, Roi, gouvernement et peuple, ne se détournera jamais de la cause palestinienne.

Au contraire, il la placera toujours au même titre que la question saharienne.  Le Communiqué émanant du Cabinet Royal à la suite de cet entretien bilatéral a été suffisamment clair et rédigé sans langue de bois en désignant les choses par leur nom. Et franchement, sans remettre  en cause la liberté d’expression et le droit d’interprétation de tout un chacun, aller jusqu’à parler de  «trahison pour la cause palestinienne»,  c’est aller vite en besogne.   De telles affirmations relèvent d’une paresse intellectuelle pour ne pas dire de la malhonnêteté purement et simplement. Fort heureusement, ces milieux resteront marginaux et ils ont l’habitude de rater leur rendez-vous avec l’histoire.  Comme le dit l’adage chinois : «quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt».

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