Transformer la société !

La question des inégalités économiques sociales et spatiales revient à tout bout de champ, pourrait-on dire, dans notre beau pays. Déjà au début du millénaire, une stratégie du «développement rural» fût énoncée. Il s’agissait de «créer les conditions pour que les populations rurales entrent dans un processus dynamique continu, permettant de corriger les déséquilibres et de préserver et valoriser le potentiel des zones rurales».

En 2020, échéance de cette vision à long terme, on devrait donc faire le bilan de ce qui a été entrepris, relever aussi bien les réussites accomplies que les erreurs produites.

Dans une série d’études prospectives 2030, le Haut Commissariat au Plan avait produit une étude «Agriculture 2030 : Quels avenirs pour le Maroc ?».

A relire ces documents, entre autres, et les propositions qu’ils présentent on ne peut que s’interroger sur les causes qui ont fait obstacle jusqu’à présent à «l’émergence d’une classe moyenne agricole» fondée sur la participation démocratique et sur le dialogue comme il est prescrit.

A moins que la transformation d’une société ne peut se faire par tranches, d’une manière fragmentée, sans prendre en considération l’ensemble des éléments socioéconomiques, culturels et subjectifs qui gèrent la dynamique sociale dans le contexte général de notre beau pays !

Si les constructions intellectuelles sont nombreuses et obéissent à des besoins politiques, la réalité est plus complexe. Cette dernière fait intervenir l’aménagement du territoire, l’existence des infrastructures nécessaire à la vie «bourgeoise» au quotidien et le dépassement des reliques des relations tribales qui perpétuent une «exploitation» multiforme de la population rurale.

Le succès déclaré par les responsables du Plan Maroc Vert a dû certainement se faire aux frais des objectifs qu’il n’a pas pu réaliser.

Dans ce cadre, pourrait-on affirmer la réussite d’avoir rendu les ruraux acteurs responsables du développement ; d’avoir créer les conditions pour une intégration effective des femmes rurales dans le processus de développement; d’avoir former les populations et en particulier les jeunes pour améliorer leur compétitivité; d’avoir développer le potentiel économique des zones rurales; d’avoir assurer les progrès nécessaires au niveau de la production agricole et de l’accroissement des revenus pour assurer la sécurité alimentaire et la promotion des acteurs de cet essor; d’assurer la préservation de l’environnement et d’avoir créer les conditions pour la durabilité de sa gestion; de réduire les disparités entre villes et campagnes en matière d’éducation, de santé et de services sociaux et de créer un environnement politique et institutionnel propre à favoriser durablement le processus de développement?

Si tout cela avait été initié et mis en oeuvre dans un cadre cohérent avec la population de nos campagnes, la question de l’émergence d’une classe moyenne agricole ne se poserait pas actuellement. Le fellah serait devenu, par l’application des processus permettant de passer de la stratégie aux plans d’action, le promoteur d’une identité collective pour la mise en œuvre d’un développement rural moderne, durable et surtout en harmonie avec le développement de nos villes et de leur intelligence grâce à la «bourgeoisie» qui y prospère. La transformation de la société implique l’identification objective des contraintes et des enjeux. Ce qui permet d’opter pour des facteurs de changement dans le cadre de la stabilité de notre beau pays, la consolidation de son processus démocratique et la mise en œuvre de la justice sociale et spatiale sans tomber dans le syndrome de «Taghazout bay» par lequel les dysfonctionnements et les dépassements sont le fait de ceux qui étaient censés les prévenir.

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