Métiers saisonniers
Avec l’arrivée du mois sacré du Ramadan, le Maroc entre dans une effervescence commerciale sans équivalent. Cette période de jeûne et de spiritualité est aussi une saison intense d’activité économique, marquée par l’apparition de nombreux métiers saisonniers. Entre traditions culinaires, nouvelles tendances vestimentaires et commerce informel en plein essor, le paysage économique s’adapte aux besoins spécifiques des consommateurs.
Dès les premières semaines qui précèdent le Ramadan, les souks et marchés prennent un tout autre visage. L’offre de produits alimentaires explose pour satisfaire les envies gourmandes qui accompagnent la rupture du jeûne. Les étals se garnissent de dattes, d’amandes, de cacahuètes et d’autres fruits secs essentiels à la préparation des douceurs ramadanesques. Les feuilles de bricks, indispensables pour les briouates et pastillas, deviennent un produit phare. Les artisans boulangers et pâtissiers redoublent d’efforts pour répondre à la demande croissante de chebakia, sellou et autres spécialités locales.
Le Ramadan est également un tremplin pour ceux qui souhaitent tirer parti de cette période pour lancer une activité temporaire. De nombreux jeunes et chômeurs saisissent l’opportunité pour vendre des produits en lien avec la saison. En bordure de route ou dans les marchés, il n’est pas rare de voir de nouveaux commerçants proposer des jus frais, des viennoiseries spécifiques au ftour ou encore des packs alimentaires regroupant les essentiels pour une table bien garnie.
Les plateformes de vente en ligne connaissent également un essor fulgurant à cette période. Des entrepreneurs du digital profitent du Ramadan pour organiser des ventes privées de tenues traditionnelles, décorations spéciales et même des coffrets cadeaux destinés aux échanges entre proches.
Le Ramadan ne transforme pas seulement les habitudes alimentaires, il impacte également les tendances vestimentaires. Le retour aux valeurs et traditions se traduit par une forte demande pour les djellabas, gandouras et autres tenues traditionnelles. De nombreux artisans et stylistes, parfois amateurs, se lancent dans la confection de vêtements spécialement pensés pour cette période.
C’est le cas de Majdouline, responsable commerciale le reste de l’année, qui profite du Ramadan pour se consacrer à sa passion : la mode. « J’ai commencé il y a trois ans avec une petite collection de djellabas modernes. Aujourd’hui, grâce aux réseaux sociaux, mes ventes explosent dès les premières annonces. Cette année, les tendances sont aux broderies fines et aux tissus légers, et j’ai adapté ma collection en conséquence. »
Nombreux sont ceux qui, le temps du Ramadan, décident de diversifier leurs sources de revenus. Chauffeurs de taxi, livreurs, cuisiniers à domicile : les activités saisonnières se multiplient et offrent de véritables opportunités financières.
Certains travailleurs préfèrent ainsi consacrer leur temps libre à une activité plus rentable, d’autant plus que la demande est forte. Que ce soit dans la restauration, le commerce ou l’artisanat, le Ramadan transforme l’économie locale et révèle chaque année de nouveaux talents et entrepreneurs.
Finalement, le Ramadan, au-delà de son aspect religieux et spirituel, est un véritable moteur économique. Il offre des opportunités aux entrepreneurs, booste le commerce local et met en lumière l’ingéniosité et la flexibilité des travailleurs marocains.