Des preuves probables de l’existence des «Amazones» en Azerbaïdjan

Découvertes archéologiques

Les Amazones, ces guerrières énigmatiques de la Grèce antique, décrites par Homère et immortalisées dans les épopées, ont longtemps oscillé entre mythe et possible historicité. Récemment, des fouilles menées par une équipe dirigée par l’historienne Bettany Hughes en Azerbaïdjan ont mis au jour des sépultures datant de l’âge du bronze.

Ces tombes, attribuées à des femmes enterrées avec des armes de guerre telles que des flèches, des dagues en bronze et des masses, apportent des preuves tangibles suggérant l’existence réelle des Amazones. Ces découvertes, écho d’une pratique guerrière féminine à travers l’Eurasie, remettent en question les perceptions traditionnelles des rôles de genre dans les sociétés anciennes et ouvrent de nouvelles pistes de réflexion sur l’histoire des civilisations.

À Nakhchivan, une région reculée de l’Azerbaïdjan, des archéologues ont mis au jour un site funéraire datant de l’âge du bronze. Ils ont révélé des découvertes extraordinaires. Les sépultures contenaient des restes de femmes accompagnés d’armes de guerre : flèches affûtées, dagues en bronze, et masses.

Ces objets se trouvent typiquement associés aux guerriers de l’époque. Ils indiquent un mode de vie et un statut guerrier. La présence de ces armes avec des restes féminins est significative. Elle défie les perceptions traditionnelles des rôles de genre dans les sociétés anciennes.

Ces données suggèrent que ces femmes étaient non seulement formées au combat, mais qu’elles y participaient activement. La datation de ces tombes, estimée à environ 4000 ans, place ces guerrières dans un contexte historique qui correspond à la période où les Amazones étaient censées avoir vécu selon les mythes grecs.

Ces artefacts représentent une preuve tangible de l’existence de femmes combattantes qui correspondraient à l’image mythique des Amazones. Cette découverte à Nakhchivan enrichit considérablement notre compréhension des cultures de l’âge du bronze.

Des preuves concrètes de l’existence des Amazones ?

L’historienne Bettany Hughes a mis en lumière la signification profonde de ses récentes découvertes en Azerbaïdjan, dans une interview accordée au journal The Guardian. Elle affirme que ces sépultures fournissent des « preuves concrètes » venant étayer les légendes entourant les Amazones.

Notamment celles décrites dans les récits mythologiques grecs. Hughes attire particulièrement l’attention sur les déformations osseuses trouvées sur certains des squelettes féminins exhumés. Ces anomalies, selon elle, ne peuvent s’expliquer que par une pratique régulière et intensive de l’archerie. Elle précise : « Leurs doigts sont déformés parce qu’elles utilisent beaucoup de flèches. Les changements au niveau des articulations des doigts ne se produiraient pas uniquement à cause de la chasse. C’est une pratique importante et soutenue ».

En outre, d’autres modifications reflètent une adaptation physique significative à la pratique de la cavalerie. Le bassin des femmes semblait s’être élargi. Ces femmes menaient donc un mode de vie de cavalières guerrières… Un profil qui correspond étonnamment bien à la description des Amazones de la mythologie grecque.

Elle a déclaré que ces preuves étaient d’autant plus significatives lorsqu’elles étaient liées à des découvertes antérieures. En 2019, les restes de quatre guerrières enterrées avec des pointes de flèches et des lances ont été découverts en Russie. En 2017, des archéologues arméniens ont mis au jour les restes d’une femme qui semblait être morte des suites de blessures de combat, une pointe de flèche étant enfouie dans sa jambe.

Au début des années 1990, on déterra les restes d’une femme accompagnée d’un poignard près de la frontière kazakhe. Hughes explique : « Une civilisation n’est pas constituée d’une seule tombe. Si nous parlons d’une culture qui traverse le Caucase et la Steppe, comme le disaient tous les anciens, il faut évidemment d’autres vestiges ».

Un phénomène transculturel

Toutes ces découvertes dévoilent alors un réseau étendu de sociétés où les femmes jouaient un rôle actif et reconnu dans le combat. Ces trouvailles suggèrent l’existence d’un phénomène transculturel, où des groupes de femmes, armées et entraînées, participaient à la défense et à l’expansion de leurs communautés.

Ces découvertes ébranlent les narrations conventionnelles. Celles-ci tendent à marginaliser le rôle des femmes dans les activités militaires. Les récentes études suggèrent plutôt que ces guerrières semblaient intégrées et valorisées au sein de leur culture. Ainsi, ces guerrières ne représentent pas des anomalies ou des exceptions culturelles, mais sont le reflet d’une réalité historique beaucoup plus nuancée.

La récente découverte de ces guerrières de l’âge du bronze révolutionne notre perception des rôles traditionnels attribués aux sexes dans l’histoire ancienne. Ces femmes maniaient l’arc et chevauchaient avec autant de compétence et de bravoure que leurs homologues masculins.

Elles offrent une preuve vivante que les distinctions de genre rigides dans les activités guerrières ne sont pas universelles à toutes les cultures. Au lieu de reléguer les Amazones au rang de mythe ou de simple fantaisie littéraire, ces trouvailles archéologiques les placent fermement au cœur de notre récit historique. Elles témoignent de la résilience féminine.

En cela, elles ne célèbrent pas seulement le pouvoir et l’indépendance des femmes dans les sociétés anciennes. Elles invitent également à une réflexion plus large sur la manière dont nous comprenons et enseignons l’histoire. Cela souligne alors la nécessité de reconnaître et d’intégrer la diversité des expériences humaines à travers les âges. Les découvertes seront révélées dans une nouvelle série de Channel 4 à partir du début avril et sous le  titre « Les trésors du monde de Bettany Hughes ».

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