Journée de réflexion consacrée au stress hydrique

Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales (FSJES) 

Romuald Djabioh

Le 5 juin 2024, une initiative centrée sur la problématique « Économie de l’Eau : Innovations et gestion durable des ressources en eau au Maroc : Défis et perspectives futures » a eu lieu à la Faculté des Sciences Économiques et Sociales de Casablanca. Cet événement avait pour objectif de présenter les stratégies publiques pour la gestion de l’eau et d’évaluer les défis actuels. Il a rassemblé plusieurs entités, notamment des représentants ministériels et de Lydec, entre autres. À cette occasion, nous avons recueilli des déclarations dont nous vous présentons le contenu.

Abdellatif Komat, doyen de la Faculté des sciences juridiqueséconomiques et sociales de Casablanca, a déclaré : « La faculté organise une journée d’étude sur l’économie de l’eau. L’objectif est d’inciter les chercheurs, qu’ils soient scientifiques ou spécialistes en économie, à s’impliquer davantage dans l’aspect académique de cette question. Nous avons besoin d’études et de l’engagement des scientifiques pour sensibiliser et communiquer avec les étudiants. Ces derniers, en tant qu’ambassadeurs auprès de la société et de leurs familles, doivent comprendre l’importance de l’eau et reconnaître que c’est une responsabilité partagée. »

 « Bien évidemment, il s’agit avant tout de rappeler l’ampleur du problème du stress hydrique et les difficultés que notre pays affronte, ainsi que le plan mis en place pour 2030 et 2050 pour faire face à cette situation, notamment à travers le dessalement et l’optimisation de la gestion de l’eau. Ensuite, il y a la question de la distribution. À ce niveau, nous remercions Jean-Pascal Darriet, directeur général de Lydec, pour sa participation. Il a présenté cette question de manière globale et expliqué aux étudiants les mesures actuelles et futures prises au Maroc pour gérer cette problématique. Il a également souligné le rôle crucial de la distribution dans l’optimisation, la communication et la sensibilisation. », a-t-il poursuivi.

« Je crois qu’il y a une interactivité, et les étudiants, comme les chercheurs, pourront à l’issue de cette journée être plus actifs non seulement en tant que chercheurs, mais aussi en tant que citoyens. Ils pourront ainsi contribuer socialement et sociétalement à la gestion de cette question sensible pour notre pays », a-t-il conclu.

Jean-Pascal Darriet, directeur général de Lydec, a déclaré en marge de l’événement : « L’Université des Sciences Aïn Chock a eu l’initiative heureuse de mobiliser un groupe de travail sur la sensibilisation au stress hydrique dans le but de rassembler toutes les parties prenantes pour lutter contre ce problème. En tant que DG de Lydec, j’ai apporté une contribution et un éclairage sur la manière dont un distributeur d’une grande ville comme Casablanca vit le stress hydrique et répond par la mobilisation et l’accès aux techniques de consommation d’eau. »

 « Je pense que c’est une manière de contribuer à l’effort général que doivent mener les distributeurs. C’est l’occasion de féliciter l’université pour cette initiative. Elle s’inscrit dans le cadre de la sensibilisation que nous devons tous adopter : la guerre contre le stress hydrique est une guerre que nous allons gagner en mobilisant toutes les parties prenantes. Un grand effort est mené au niveau central avec le plan national de l’eau et les efforts colossaux pour augmenter la production d’eau conventionnelle et assurer un relais par les sources non conventionnelles. Mais au-delà de cela, c’est l’effort de tout le monde, un changement des pratiques, et la prise de conscience que l’eau est un bien précieux et rare », a-t-il conclu.

Faycal Taghlabi, responsable du département performance réseau de Lydec, a centré son intervention sur les performances et les chiffres de Lydec. « Aujourd’hui, nous avons participé à une journée d’échanges organisée par la Faculté des sciences juridiques. Notre message à l’attention des étudiants était de souligner l’engagement de Lydec pour préserver les ressources. »

« J’ai présenté les dernières technologies utilisées par Lydec, notamment les appareils de recherche de filtres acoustiques et les capteurs développés ces deux dernières années pour préserver les ressources, surtout dans un contexte de stress hydrique », a-t-il ajouté.

« J’ai également partagé les derniers chiffres que nous avons calculés ces deux dernières années, mettant en avant les efforts de Lydec pour préserver les ressources, même lors de l’achat d’eau. Par exemple, en 2022, nous avions prévu d’acheter un volume d’eau équivalant à 226 millions de m³, mais nous n’en avons acheté que 217 millions de m³, réalisant ainsi une économie de 9 millions de m³ » a-t-il illustré.

« En 2023, nous devrions acheter environ 232 millions de m³ d’eau. Nous en avons acheté 222 millions de m³, réalisant ainsi un gain de 10 millions de m³. Cela montre nos efforts pour préserver les ressources. J’ai aussi présenté les initiatives de Lydec en termes d’économie d’eau, en lien avec la thématique de la préservation des ressources », a-t-il expliqué en détail.

« En 2023, nous avons pu économiser près de 10 millions de m³, ce qui se traduit par une amélioration de 3 points de rendement. J’ai également présenté le nombre de kilomètres de réseau inspectés par Lydec pour la recharge des filtres, qui équivaut à pratiquement deux fois la longueur du réseau de Casablanca. Sachant que Casablanca couvre 7 000 km, nous avons prospecté près de 17 000 km en 2023 », argumenté.

« J’ai également mentionné le nombre de fuites détectées au cours de l’année 2023, qui s’élève à près de 20 000 fuites, principalement au niveau des conduites. En dernier lieu, j’ai souligné les efforts de Lydec en matière de recherche des filtres pour les grandes canalisations. Cette année-là, nous avons doublé notre capacité de recherche de filtres pour les grosses canalisations. Aujourd’hui, nous passons de 40 à 80 km pour un gain mesuré de près de 700 000 m³, ce qui équivaut à un jour de consommation de pointe pour la ville de Casablanca », a-t-il renchéri.

« Nous avons saisi cette journée pour transmettre des messages aux étudiants afin qu’ils deviennent des ambassadeurs de cette cause, et pour qu’ils soient sensibilisés à la thématique de l’économie d’eau, particulièrement dans ce contexte de stress hydrique. Nous avons également souligné qu’aujourd’hui, chacun peut contribuer en développant des recherches dans ce domaine. Pourquoi ne pas envisager des conventions et des partenariats avec des laboratoires concernant cette thématique de recherche et de préservation des ressources en eau ? », a-t-il conclu.

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