Les habitants du quartier El Bradâa exigent une véritable intégration sociale

Mohammedia

La Cité des fleurs connait ces derniers mois une dynamique sans précédent inscrite dans le cadre de la politique de l’Etat visant à lutter contre l’habitat insalubre et recaser les habitants dans des conditions dignes. 

Cela étant, les actions menées par les autorités locales ayant pour ambition l’implémentation du programme stratégique « Villes sans bidonvilles » ont été amplement appréciées par les citoyens de la ville. Surtout que le Royaume est aux portes de l’organisation de  plusieurs échéances sportives internationales.

Cependant, il faut dire que  plusieurs points demeurent encore en suspens, surtout lorsqu’il s’agit de l’opération du recasement des habitants du quartier El Bradâa, l’un des plus anciens bidonvilles à Mohammedia. Une opération qui se heurte à quelques obstacles, ont affirmé à Al Bayane, plusieurs habitants de ce quartier, notamment les jeunes qui s’estiment lésés dans leur droit du fait d’avoir été exclus de la liste des bénéficiaires.

Pour l’histoire, des membres du Comité de dialogue contenant des représentants du quartier El Bradâa ont adressé une correspondance , datant du 16 février 2024, au gouverneur de la ville pour lui solliciter une rencontre afin de connaitre le sort des jeunes mariés écartés de l’opération de recensement effectuée en 2010. Comme quoi, les jeunes mariés après cette date n’ont point le droit de bénéficier du logement.

Il faut dire que le quartier d’El Bradâa qui se trouve au cœur de la ville a été ponctué par plusieurs manifestations de protestation,  dont la dernière remonte au 21 avril 2024. Les protestataires ont scandé des slogans affichant leur refus catégorique à tous « recasement forcé » tout en  réclamant que l’opération de recasement devrait être assortie des garanties. Autrement dit, « l’opération devrait être effectuée en toute transparence et déroulée dans des conditions normales sans contraintes et que la priorité doit être accordée aux habitants réels du bidonville », souligne à Al Bayane, Adil Bensghir, membre du comité du dialogue.  

Suite à cette manifestation et en vue de désarmer la crise, les autorités locales ont convoqué une réunion avec les représentants de la population, et ce le 7 mai 2024.

Restructuration du bidonville

Selon notre interlocuteur, l’autorité locale s’est engagée à ce que l’opération de démolition se déroulera dans les règles de l’art tout en prenant en compte l’approbation préalable des citoyens. La réunion a été également couronnée par l’approbation d’une décision importante, celle de faire également bénéficier les jeunes qui sont mariés en 2012 au lieu de 2010. Cependant, cette rencontre n’a pas été couronnée par la signature de PV, confie-t-il à Al Bayane.  Abondant dans le même ordre d’idées, notre interlocuteur souligne que le recasement des gens qui sont  encore installés dans le bidonville devrait être des conditions permettant leur intégration dans le tissu économique et social de la ville à l’instar de ceux qui ont déjà été relogés. En termes plus clairs, les bidonvillois exigent de ne pas être « extradés » de la ville pour s’en débarrasser. D’ailleurs, des membres du comité du dialogue ont déjà envoyé une correspondance le 6 mai dernier  au gouverneur pour discuter du sort des appartements situés à proximité du quartier El Bradâa, qui sont construits par la SAMIR dans le cadre de l’initiative nationale du développement humain (INDH).

Pour Adil Bensghir, le recasement des bidonvillois devrait se faire de manière raisonnable loin de toutes solutions forcées, tout en mettant l’accent sur l’idée de la restructuration du bidonville en une unité urbaine. Une action permettra une véritable intégration des habitants, et ce conformément aux standards fondamentaux d’humanité, a-t-il conclu.

K.D 

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