Mer de Chine méridionale : Washington et ses alliés renforcent leur coopération

Attendons pour voir…

Nabil EL BOUSAADI

Soucieux d’ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les Etats-Unis, les Philippines et le Japon afin de contre-carrer la montée en puissance de la Chine dans le Pacifique en faisant face, de manière collective, aux menaces que fait peser cette dernière sur la région, le président américain, Joe Biden a reçu, jeudi 11 Avril, dans sa résidence d’été de Camp David, dans le Maryland, le président philippin Ferdinand Marcos Jr. et le Premier ministre japonais Fumio Kishida.

Mais si, avant d’effectuer ce déplacement le dirigeant nippon avait déclaré que sa rencontre avec son homologue américain va « confirmer au monde la solidité des liens » qui unissent Tokyo et Washington et qui sont appelés à prendre la dimension d’« un partenariat global économique, technologique et sécuritaire », le président Joe Biden avait qualifié, de son côté, le chef du gouvernement du Japon de « dirigeant visionnaire et courageux » ; ce qui ne peut qu’être très utile à ce dernier en ce moment où, dans son pays, sa côte de popularité est au plus bas.

Ayant pour toile de fond, les craintes de Manille et de Tokyo quant au rôle, aussi bien diplomatique que militaire, que devrait jouer Washington en cas de conflit dans le Pacifique, alors que Pékin pratique une stratégie méthodique et de plus en plus agressive d’expansion territoriale par le biais du contrôle des océans, ce sommet s’inscrit dans la continuité de la réunion qui s’était tenue, en Août dernier, à Camp David, entre le président américain, Joe Biden, son homologue sud-coréen, Yoon Suk Yeol et le Premier ministre nippon Fumio Kishida.  

Mais, si Pékin revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale y compris les eaux et les îles proches des côtes de plusieurs pays voisins en dépit de la décision d’un tribunal international qui, en 2016, avait jugé que les prétentions chinoises étaient sans fondement, force est de reconnaître que les Philippines, le Sultanat de Brunei, la Malaisie et le Vietnam revendiquent, également, certains îlots et récifs susceptibles de contenir d’importantes réserves de pétrole et que cela pourrait donner lieu à de violents affrontements.  

Aussi, en s’engageant, par le biais de tout une panoplie d’accords, à prendre en charge militairement et financièrement le fardeau de la stabilité régionale, le Japon, la Corée du Sud et les Philippines entendent tisser, avec les Etats-Unis, des liens militaires, économiques et technologiques tellement forts qu’ils ne sauraient être dénoncés par la prochaine administration américaine en cas de retour, en Janvier prochain, de Donald Trump à la Maison Blanche comme ce fut le cas en Août 2018, lorsque ce dernier avait fait sortir les Etats-Unis de l’accord de Vienne encadrant le programme nucléaire et balistique iranien.

Raison pour laquelle en reconnaissant, devant le Congrès américain, que le leadership des Etats-Unis est « indispensable » à la stabilité du monde, le Premier ministre japonais a appelé les américains à « surmonter leurs doutes » car sans leur présence, l’Indo-Pacifique sera confronté, à plus ou moins brève échéance, « à des réalités encore plus dures » [ que  l’Ukraine].

S’il est vrai, enfin, que, comme l’a précisé le Président américain, Joe Biden, ce sommet constitue « l’évolution la plus importante » des relations américano-japonaises « depuis la fin de la guerre froide », attendons pour voir…

Nabil EL BOUSAADI

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