La beauté du monde et les livres de la spiritualité et d’amour.

Entretien avec Céline Walter

Par Noureddine Mhakkak

Écrivaine française de talent, Céline Walter, consacre son temps pour la création des mots et des images, pour enrichir le monde des Arts et des Lettres, pour vivre une autre vie. Une vie pleine d’amour, d’amitié et pleine de passions.

Quelques dates importantes de son parcours culturel :

-3 octobre 1972: naissance à Château-Thierry (Nord-Est de la France)

-Juin 2011: démissionne du métier de journaliste, s’installe à la campagne en Bourgogne pour se consacrer entièrement à l’écriture poétique.

-Octobre 2014: parution du premier recueil, «Petite, c’est la fête tu voudrais mourir», préfacé par Bernard Noël, aux Éditions «Tituli».

-Juin 2016: «L’Inconnue de la Seine», poésie, préfacé par le sculpteur, Eric de Laclos, aux Éditions «Tituli».

-Mars 2018: Livre d’artistes «Réminiscences 26», aux Éditions «AEncrages & Co», avec le poète Yves-Jacques Bouin, la plasticienne Christine Delbecq et le peintre, Philippe Agostini.

-Mars 2018 : «Si», récit, aux Éditions «Tarmac».

-Octobre 2019: Premier livre pour enfants, traduit en espagnol «Un arbol tan blanco como la nieve» aux Éditions «diChroma» (Espagne).

-Depuis mai 2018, collabore aux livres d’art et catalogues d’expositions de photographies aux Éditions «diChroma Photography».

-Décembre 2020 : à paraître, «Peau de lait», récit, aux Éditions « Tarmac ».

-Automne 2021 : à paraître, neuf poèmes pour le catalogue consacré à l’exposition de l’œuvre de la photographe américaine Vivian Maier au Palais du Luxembourg (Paris), aux Éditions de « la RMN » (réunion des musées nationaux).

-Son récit « Peau de lait » sortira « prochainement » aux Edition «Tarmac». Bonne lecture.

Que représentent les arts et les lettres pour vous?

Les Arts sont les seuls moyens d’expression de notre être profond. Ils sont les témoins de notre vie intérieure si changeante qu’il lui faut une main pour la suivre, la dire, la saisir. Et pour tenter de la traduire même, lorsqu’il s’agit de balbutier, ce qui nous échappe de si noir, si lumineux, de si beau. Selon l’émotion, ce mystère qui nous habite à cet instant-là. Combien de fois en me relisant, deux ou trois jours après un jaillissement d’encre, je me suis sentie étrangère aux lignes que j’avais écrites ! Est-ce bien moi ? Mais où suis-je allée chercher cela ? Qu’est-ce que j’ai voulu dire ?

Que représente l’écriture /La lecture pour vous?

Lorsque que j’écris, puisque c’est le moyen d’expression qui m’a été donné, j’ai le sentiment que tout ou presque m’est soufflé. Et que je n’ai plus qu’à recopier. Mon travail, ma part, consiste ensuite à revoir l’assemblage des mots et « composer » avec eux la musique la plus juste. J’aime assembler les mots, les travailler, retravailler ou plutôt travailler avec eux. J’aime leur compagnie, infiniment. Je peux passer un temps vertigineux sur la place d’un mot ou d’une virgule. J’écris à l’oreille donc. Mais moi, définitivement, je suis une main. Une main comme celle du peintre, du sculpteur, du compositeur. Mais aussi, une main de secrétaire.

La poétesse Marina Tsvétaïéva illustre parfaitement ce que je ressens lorsqu’elle écrit le 15 janvier 1927 à la secrétaire de Rilke (après le décès du poète) : Voulez-vous une vérité sur la poésie ? Chaque ligne est collaboration avec les forces supérieures et le poète est beaucoup s’il est secrétaire. Avez-vous songé, du reste, à la splendeur de ce mot : secrétaire (secret)?

Oui, c’est exactement cela. Lorsque j’écris, je ne me sens pas seule. Quelqu’un de plus grand que moi se tient tout près. Et me relie au meilleur de moi-même, à Nous, au Tout. Je regarde, je me souviens et je l’écris.

Que représente la beauté pour vous?

Je m’interroge beaucoup sur cette Présence-Source. Qu’est-ce que l’inspiration ? Est-ce l’inconscient qui tient ma plume ? De quoi suis-je en train de faire l’expérience ? Lorsque je suis au monde, en pleine beauté du monde, toute entière au présent, dans la pleine nature, j’habite entourée de bois, de forêts, de sources, dans une campagne désertée de la Bourgogne. Toute cette beauté qui m’environne pour moi témoigne du Divin. J’ai 48 ans et je parle aux arbres comme à la fourmi, à l’abeille, aux oiseaux, à mes poules. Je vais remercier de vive voix les fleurs nées du jour. Je fais l’expérience du Divin comme l’enfant. Je ne connais pas le monde, je le découvre. Et je n’en reviens pas de toutes ses beautés. J’ai une infinie tendresse pour le vivant, le sauvage, la lumière. Je m’émeus d’une rai de lumière sur un mur de pierres sèches, du premier chant des grillons au début du printemps. Je ne sais dire que merci. Et aujourd’hui, je l’écris. J’ai souffert par le passé de me sentir différente. On me dit poète.

Parlez-nous des livres /films que vous avez déjà lus/vus et qui ont marqué vos pensées.

Les poètes Bernard Noël et Christian Bobin ont été les premiers à me souhaiter la bienvenue en Poésie. Bernard Noël a préfacé mon premier recueil publié en 2014. J’en ai été infiniment touchée. « Maintenant, vous n’êtes plus une débutante mais avec votre cœur de « petite » vous ferez toujours votre entrée dans tout avec une belle innocence. On sent cela à votre manière d’assembler les mots et c’est un don inimitable », m’a-t-il écrit à la sortie du livre. Quel bel encouragement, il me faisait-là. Et quelle responsabilité pour moi ! Je corresponds toujours avec lui très régulièrement ; il continue à me lire et à m’encourager en cas de doute. Je reste fragile. J’ai publié trois autres livres depuis. Un cinquième, un récit qui paraîtra en décembre si la situation sanitaire actuelle le permet. Je participe également régulièrement à la réalisation de livres d’art et de catalogues d’exposition grâce à Anne Morin, commissaire d’exposition et directrice de diChroma photography à Madrid. Dans ces livres, mes poèmes accompagnent les œuvres de grands photographes internationaux comme Vivian Maier, Margaret Watkins, Carlos Moreira, Paul Alexandre.

Les lectures qui me nourrissent sont souvent celles qui me parlent de la nature, de la Beauté, de cette force et cette fragilité à la fois qui nous dépassent tant en joie qu’en désespoir. J’aime ressentir et souffrir avec Emily Dickinson, Anna Akhmatova, Marina Tsétaïéva. J’aime rire avec Raymond Queneau, René Daumal, pleurer de rire et de désespoir avec Romain Gary et Samuel Beckett. J’aime m’interroger sur l’âme humaine avec Carl-Gustav Jung. Je suis curieuse et fascinée par tout ce que je ne comprends pas. J’aime me promener avec Ralph Waldo Emerson et Henry-David Thoreau. J’aime de tout mon cœur Jean de la Fontaine, mon premier « professeur », qui m’a appris à regarder, à lire et à rire de moi, de Nous. Je suis née et j’ai grandi dans la même ville que lui à Château-Thierry (à une centaine de kilomètres à l’Est de Paris). Voici une de ses morales qui m’aident encore à grandir : «Apprendre à se connaître est le premier des soins».

Enfin, j’aime prier avec tous les livres qui me parlent de spiritualité et d’amour.

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