Viendra, viendra pas ?

L’absurde tel qu’il est défini par le dramaturge irlandais Samuel Beckett, dans son œuvre «En attendant Godot !», tomberait dans l’absurdité que fomente le gouvernement, en ce moment de crise.

Seulement, le concept de l’absurde du premier incarnait une vague existentielle que prônaient des sommités de la littérature pour l’universalité, comme Sartre, Ionesco, Arrabal, Genet…, alors que celui du second ne cesse de verser dans la loufoquerie agaçante. Il y a plus d’un mois, l’Autorité sanitaire jubilait du haut du toit, signifiant que le vaccin atterrirait dans le pays, début décembre, bien avant les autres.

Au fil des jours, ce triomphalisme s’émoussait pareil aux vaguelettes du ressac. Et puis, c’est l’opacité absolue ! Dans ses sorties furtives, le ministre de tutelle bredouillait des promesses creuses, sans jamais dire ce qu’il en est au juste à une audience timorée.

Pourquoi alors ce retard ? Qu’elles en sont les raisons ? Y a-t-il entrave à l’arrivée du vaccin ? Autant de questions vives auxquelles il devait répondre, avec précision et surtout de responsabilité envers la population désabusée.

Et pourtant, l’exécutif avait rassuré que le marché relatif à l’achat de dizaines de millions d’unités d’injections ont été conclus, que des experts nationaux prenaient part aux tests d’expérimentation, que les préparatifs d’accueil, de stockage, de conditionnement et d’hygiène sur les 8800 points de vaccination sur l’ensemble du territoire du royaume, ont été effectués dans les conditions optimales et les normes requises. Toutefois, le vaccin tant attendu n’est toujours pas là ! On peut toujours comprendre les contraintes qui accompagnent l’acheminement de cette denrée à destination.

Un peu partout dans le monde, on se précipite pour s’en doter dans les meilleurs délais, afin de s’armer de l’immunisation collective. Mais, ce que l’on ne comprend nullement, c’est bel et bien cet hermétisme exercé sur la véracité de ce qui se passe au sujet du vaccin, alors qu’on est censé en avoir toute l’information, à travers la source officielle.

Un comportement indigne qu’on ne peut tolérer dans un État des Institutions, dont le droit d’informer est ratifié par ce même exécutif qui en fait abstraction et à cause duquel celui-ci est dépourvu de toute confiance. Sans doute dépassé par l’acuité de la mission dont il est à charge, le ministre en question ne sait plus à quelle sauce on sera mangé!

En tous cas, on n’a surtout pas le droit de vouer le peuple aux gémonies comme on le fait actuellement pour une affaire qui le touche de près, en plein tracas pandémique. Le droit à l’information est un accès sacré auquel il ne pourrait y avoir d’exclusivisme, encore moins d’autoritarisme à l’égard des citoyens.

On ne saurait répéter la même bêtise du dossier du Sahara qui était l’apanage du seul ministre de l’intérieur à l’époque, durant des années, sans aucune avancée ! Il serait judicieux de libérer l’information, le peuple est assez mature pour en saisir le devoir qu’il faut et en avoir la réaction qui s’impose!

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