Saoudi El Amalki
La restauration de la Kasbah d’Agadir, seul monument historique et ancestral à caractère patrimonial, resurgit enfin, comme une nymphe flambante. On se ressaisissait amoureusement afin de procréer ce joyau de belle facture. Il a été question de repenser toute l’opération dans sa globalité, en vue de mettre en avant un travail cohérent.
Cette dynamique de revisiter ce symbole de l’identité national s’inscrivait dans le sillage d’une impulsion résolue de redorer le blason dedes sites de proportion archéologique, de manuscrits, d’objets ethnologiques, de langue autochtone, d’expressions culturelles. C’est ainsi qu’il est plus opportun de s’approprier une vision globalisante pouvant faciliter cette entreprise et assurer la prouesse escomptée.
Ce site classé patrimoine national en 1944, renvoyé aux calendes grecques, depuis environs 60 ans, est en, d’etre revalorisé, vu la nouvelle synergie volontariste qui s’est instaurée, tout au long de l’ébauche. La conjugaison des efforts des compétences locales, conduite par un comité scientifique performant, sous l’égide du maître d’ouvrage de la Société en charge du site, magistralement menée par Abdelkrim Azenfar, est d’un grand apport au service de l’unique bijou acrstral dont la communauté est amplement fière et auréolée.
On ne peut que saluer vivement cette symbiose qui s’est opérée, autour de cet héritage renvoyant à une histoire séculaire. Ce patrimoine avait rassemblé, en fait, toute une flopée d’acteurs mue par une volonté ardente pour se rendre utile, après une si longue période de léthargie. C’est, en effet, le meilleur hommage posthume qu’on pourrait rendre à une nuée d’âmes ensevelie sous terre et dont l’esprit plane sur les cimes et les versants de ce promontoire usé par le temps mais encore riche en épopée de naguère. Les survivants de ces lieux funestes auraient également, savouré la réhabilitation savante et réfléchie de ce que l’on appelle à jamais «Agadir Oufella».
Tant de rencontres de concertation entre décideurs de la région et des savants et experts en matière d’archéologie et d’urbanisme, avaient eu lieu afin de mettre en exergue la touche créative en termes de mise à niveau des remparts de la Kasbah, la remise à éclat du pavoisement interne, l’extraction des éléments cimentés sur les façades, ainsi que les démarches de fouille archéologique. De même, il s’est agi de l’aménagement des aires de service en rapport avec le site, la refonte des tombeaux, ainsi que la pose de la signalétique relative aux allées et aux espaces lui conduisant.
Il faut bien dire que la mise en valeur de ce site, longtemps soumis aux oubliettes, est sans doute, l’événement patrimonial de taille qui contribueà la relance du relooke de la ville, notamment au niveau de l’industrie touristique en matière de découverte, mais aussi au niveau de la réconciliation de la cité sinistrée avec son passé. La citadelle d’Agadir était à la fois une forteresse qui repoussait les assauts étrangers et un fleuron qui surplombait le majestueux littoral balnéaire à l’horizon édénique.
On dira également que cette belle orfèvrerie, pied dans l’eau, est la reconnaissance royale d’un site qui renaît de ses cendres, après des décennies d’abandon. Elle ressuscite désormais sous les yeux bienveillants de l’équipe déterminante, dans le cadre du projet Royal, le programme de développement urbain d’Agadir(PDU).