Un cinquantenaire

Par Mustapha Labraimi

Il y a de cela une cinquantaine d’années (et quatre jours exactement), les 21, 22 et 23 février 1975 le Parti du Progrès et du Socialisme tenait son premier congrès national à Casablanca.

Quelques mois après la légalité reconquise, le PPS mobilise ses militants organisés à travers le territoire national et se donne l’occasion de clarifier publiquement son approche politique. Le discours d’ouverture prononcé par Ali Yata dure 7 heures pendant lesquelles le secrétaire général du parti aborde la situation du royaume à la lumière des aspirations populaires et des conditions de l’environnement international. Il retrace l’histoire du parti de l’indépendance au jour de la réunion du congrès national, mettant en exergue les différentes formes d’organisation et de lutte adoptées par les camarades pour la consolidation de l’indépendance nationale, le développement de l’action pour parachever l’intégrité territoriale du pays, l’exercice réel de la démocratie et la satisfaction des revendications populaires pour la réalisation d’un Etat national et démocratique.

La référence au socialisme ne se limite pas à la dénomination du parti, elle constitue l’objectif et détermine l’initiation revendiquée d’un « processus démocratique » caractérisé par la réalisation de changements profonds dans la gouvernance du pays ; à commencer par l’élargissement des libertés politiques et culturelles et par une croissance économique intégrée et initiée par l’Etat au bénéfice des masses laborieuses et déshéritées.

Par une résolution unanime, le programme intitulé « La démocratie nationale ; étape historique vers le socialisme » est adopté par le congrès national. Il constitue selon les termes de la résolution « la plateforme d’actions définissant les tâches et objectifs de la Révolutions Nationale Démocratique, de l’édification de la Démocratie Nationale ouvrant la voie au Socialisme. ».

Le programme aborde l’ensemble des secteurs socioéconomiques par l’analyse de chaque secteur et présente des propositions pour parachever l’indépendance nationale, développer les forces productives et donner naissance aux structures d’une société moderne. Il appelle à l’union des forces anti-impérialistes, progressistes et révolutionnaires par la constitution d’un Front National Démocratique où chaque organisation politique garde son indépendance et concourt à la réalisation d’un programme commun.

La transition entre le Parti de la Libération et du Socialisme et le Parti communiste Marocain est ainsi effectuée aussi bien par le contenu politique du programme d’action adopté que par le fonctionnement interne du PPS basé sur le centralisme démocratique.

Faut-il rappeler que cette transition ne s’est pas effectuée sans l’apport fondamental des résolutions du troisième congrès du PCM tenu dans la clandestinité en 1966. Elle a été aussi facilitée par un travail pédagogique auprès des camarades eu égard au contexte répressif de l’époque.

Par la suite, l’enrichissement de cet héritage s’est effectué dans un jeu politique où le processus démocratique prenait un aspect méandriforme et dont la consolidation reste à l’ordre du jour. La transformation de la société, par des avancées acquises, reste tributaire de l’épanouissement du capital humain national qui reste compromis par les déficits accumulés de la politique sociale et de pratiques économiques néolibérales accentuant les inégalités sociales et les disparités territoriales.

Le royaume reste dans l’étape historique de l’essor de « La démocratie nationale » affrontant les défis de l’émergence économique à même d’assurer une croissance forte et durable et le dépassement des fragilités qui la caractérisent, « la promotion du développement humain, l’édification d’une société de justice sociale et de solidarité à travers une répartition équitable des richesse produites entre couches sociales et régions, la lutte contre tous les phénomènes d’exclusion, de pauvreté et de précarité, l’égalité entre les individus et entre les sexes ainsi que la solidarité entre générations. ». L’action politique doit (re)trouver sa crédibilité dans un fonctionnement sain du processus électoral, la moralisation de le vie publique et le développement de l’Etat de droit.

In fine, pour le Parti du Progrès et du Socialisme, l’objectif est, et restera toujours, de mieux servir notre pays et notre peuple.

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