Mohamed Benhammou désigné président de la Fédération africaine de cybersécurité

Brazzaville

La 1ère édition du Forum «Brazza-cybersecurity» a eu lieu, les 16 et 17 septembre à Brazzaville, et a été sanctionnée par l’officialisation de la constitution de la Fédération africaine de cybersécurité, dont la présidence a été confiée au Marocain Mohamed Benhammou.

La tenue de ce Forum s’inscrit dans la dynamique de la 10e édition de la conférence internationale sur la sécurité en Afrique «Marrakech Security Forum», tenue à la Cité ocre, les 8 et 9 février 2019, et au cours de laquelle a été adoptée «la charte africaine de la cybersécurité», de la conférence de Kinshasa qui s’est déroulée en septembre 2019 sur la validation du plan du numérique, ainsi que des 23 webinaires sur l’Afrique face au défi de la cybersécurité, organisés en 2020 et le premier semestre de 2021, en partenariat entre le réseau [email protected]écurité et le Centre et le CMES.

Dans une allocution prononcée à l’occasion de la plénière d’ouverture, Benhammou, président du Centre marocain des études stratégiques (CMES), a indiqué que l’espace numérique doit être conçu et perçu à travers le prisme de la géographie, de la géostratégie et de la géopolitique.

Il a précisé que l’installation, la description et l’analyse d’infrastructures physiques de réseaux font l’objet d’une cartographie et deviennent un enjeu stratégique et géopolitique.

Considéré comme un cadre juridique, d’expertise, de conseil et de recherche, la Fédération africaine de cybersécurité a également désigné le Congolais Chrysostome Nkoumbi-Samba, secrétaire général, Mohamed Al Nokaly, (Égypte), directeur exécutif régional Afrique du Nord, Mme Katra Sambili (Kenya), directrice exécutive régional Afrique de l’Est, Abdullah Omaki (Nigeria), directeur exécutif régional Afrique Centrale,  Abdoul Latif Aidara (Sénégal), directeur exécutif régional Afrique de l’Ouest et Dangor (Afrique du Sud), directeur exécutif régional Afrique australe.

«La digitalisation constitue la nouvelle force d’implosion de la mondialisation, avec un accroissement spectaculaire des échanges immatériels (données, informations …)», lit-on sur la déclaration de l’acte constitutif de la Fédération, ajoutant que ce phénomène a des impacts positifs, mais il engendre des menaces à caractères polymorphe ayant une multitude d’acteurs et d’origines.

La déclaration souligne que le cyberespace est à la fois un enjeu et un espace où se cristallisent des rivalités en des conflits virulents, notant que sur le plan africain, cette cyber-anarchie s’y retrouve aussi sur fond d’un impérialisme numérique et de cyber-ingérence.

Les événements internationaux de cette dernière décennie ont placé le phénomène de cyberespace au cœur de la politique et de la réflexion stratégique des États, relève la même source, affirmant que la cybersécurité n’est plus un enjeu essentiellement technique, mais à la fois politique, économique, social, diplomatique, militaire, industriel, de sécurité et de stabilité politique et sociale.
Ainsi, ajoute-t-on, relever les défis et faire face aux menaces protéiforme du cyberespace exige une meilleure appréhension des enjeux sécuritaires endogènes et exogènes en matière de cybersécurité, ainsi que leurs évolutions et les incidences qui y sont liées, la résilience du Continent face aux risques émergents consécutifs à la numérisation et le développement d’un numérique de confiance et d’infrastructures d’interconnexion et d’hébergement de données sur le continent.

Il s’agit également de construire l’anatomie stratégique africaine pour la sécurité numérique et permettre aux pays africains de sauvegarder leur souveraineté numérique et de développer une résilience numérique, de plaider au niveau continental pour faire du numérique un bien de développement durable et d’émancipation pour les états africains, de disposer de cadre juridique et réglementaire adaptés, permettant de renforcer la capacité des autorités à faire face à l’évolution des cyber-menaces, de consolider la coopération en matière de cybersécurité à l’échelle continentale et internationale, de constituer un vivier de compétence et de former les experts en cybersécurité, et de consolider une vision africaine durable et autonome en matière de cybersécurité.
La première édition du Forum «Brazza-cybersecurity» a été marquée par un programme d’activité très riche comprenant plusieurs ateliers traitant des problématiques relatives à cette thématique.

Il s’agit notamment de «Cybersécurité et géopolitique», «L’ABC de la sensibilisation aux risques de cybersécurité», «Quelle stratégie de cybersécurité pour accompagner la transformation digitale?», «Digitalisation, dématérialisation et économie numérique», «La cybersécurité et la géopolitique», «Cyber finance, quels défis?», L’intelligence collective et les Cyber menaces.

Outre Benhammou , plusieurs personnalités ont également pris part à cet événement, en l’occurrence, Léon Juste Ibombo, ministre des postes, télécommunications et de l’ économique numérique de la République du Congo, Thierry Lezin Moungalla, ministre de la communication et des médias, porte-parole du Gouvernement du Congo, Honoré Tabuna, commissaire à l’environnement, ressources naturelles, agriculture et développement rural de la commission de la CEEAC, Guéorguy Tchepik, ambassadeur de la fédération de Russie au Congo, ainsi que d’autres ministres, directeurs et personnalités éminentes s’activant dans le domaine de la cybersécurité.

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