Noëmi Waysfeld, une voix émotionnelle transcendant le yiddish

Il y a des voix qui transportent vers d’autres cieux et d’autres horizons plus beaux. La musique de Noëmi Waysfeld en fait partie. Avec sa voix lyrique et ses chants exaltant les zéniths, la chanteuse a pu maîtriser dès sa jeunesse la douceur du chant lyrique.

C’est à l’âge de 8 ans que Noëmi commence à jouer du violoncelle, avant d’arrêter des années plus tard. «C’est le plus bel instrument du monde. En plus, c’était obligatoire dans ma famille de jouer un instrument de musique», confie-t-elle.

Entre chant, théâtre et violoncelle, l’artiste a développé une carrière artistique prolixe et singulière. Ses voyages à travers le monde alimentent ses recherches musicales. Son retour nostalgique en Russie et Pologne ont, notamment enrichi son style musical. D’après la chanteuse, la découverte du théâtre et de la musique russes ont été un point marquant dans sa carrière artistique.

Cette quête de nouveaux horizons musicaux a apporté une nouvelle dynamique dans sa carrière musicale. Cette passion d’aventure l’aura guidée d’ailleurs au Sud de l’Europe à la découverte du Fado qu’elle chantera par la suite dans sa «langue émotionnelle», le yiddish. La chanteuse ne cache pas son amour et son admiration pour la musique de l’Est. Les sonorités, mélodies et déchirures des musiques des prisonniers sibériens l’interpellent et l’inspirent dans ses choix artistiques et ses aventures musicales. «Le train, arrête toi» et le costume neuf » sont des chants russes de prisonniers qui résument selon la chanteuse l’univers des prisonniers. Dans les paroles du disque «Kalyma», on rencontre l’homme prisonnier russe qui fait appel à la nature, à la mère patrie…

C’est lors de la dernière édition du festival Mawazine Rythmes du monde que le public marocain  l’a découverte. Au cours d’un concert, elle a chanté des morceaux de son dernier album «Alfama». Un titre qui fait penser à un quartier juif de Lisbonne à un moment donné de l’histoire.

Le répertoire de Noëmi Waysfeld est d’une densité poétique et émotionnelle remarquable. On y trouve les chants d’exile, de déracinement, de déchirure.

Mohamed Nait Youssef

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