Des associations plaident pour une parité horizontale et verticale

Droits politiques de la femme

Khalid Darfaf

«Il faut œuvrer à mettre en place un système électoral inclusif, intégrant toutes les composantes de la société marocaine», a souligné Nouzha Skalli, la présidente de l’Association Awal-Houriyates, vendredi 26 février à Casablanca, lors de la présentation du mémorandum de plaidoyer portant sur les réformes électorales pour les prochaines échéances.

Il faut dire que ce projet élaboré conjointement avec l’Association Tahadi pour l’Égalité et la Citoyenneté (ATEC) et ayant l’appui de plusieurs associations de la société civile, a pour objectif la promotion de la représentation politique de la femme dans les instances élues en vue d’atteindre le principe de la parité qui est avant tout une disposition constitutionnelle, a insisté Nouzha Skalli. Cela étant, le Parlement dans son état actuel, ne constitue pas une véritable incarnation de la société marocaine. «Cela pose la problématique de la participation politique qui demeure en-deçà des attentes», a-t-elle noté en substance.

Ainsi, pour l’ancienne ministre de la famille, «la réforme des lois électorales exige, d’abord,  une réflexion profonde et un débat serein et permanent et ne devrait point être momentané,  imposé par une logique situationnelle».  Certes, des efforts incommensurables ont été consentis pour renforcer davantage la présence de la gente féminine dans le champ politique, mais il reste un long chemin à parcourir, a-t-elle poursuivi. Selon la conférencière, la mise en place d’un système électoral démocratique et paritaire va contribuer d’abord au renouvellement des élites. Pour elle, il serait aberrant de limiter le mandat de ceux ou celles qui ont issus de la liste nationale alors que ce n’est pas du tout le cas de ceux qui sont élus sur la base de la liste locale, notant dans ce sens que les listes régionaux «sont empreintes d’ambigüité».

Abondant dans le même ordre d’idées, la militante progressiste a mis l’accent sur la nécessité de la mise en place d’une réforme incluant  d’une parité verticale et horizontale en vue d’accroitre la représentation politique des femmes dans le champ politique. En termes plus clairs, la parité horizontale requiert que les listes électorales contiennent un nombre égal des femmes et d’hommes, alors qu’une parité verticale exige une alternance entre les femmes et les hommes dans la même liste, a-t-elle expliqué.

La conférencière a cité dans ce sens le taux des femmes qui président des communes et qui s’élève à peine à 1%. « Un tel constat s’explique par plusieurs facteurs, qui sont d’abord  d’ordre culturel, liés en grande partie aux stéréotypes que fait la société de la femme…», a-t-elle avancé. Pour elle selon, la concrétisation du principe de la parité passe par la mise en œuvre des dispositions constitutionnelles, notamment l’article 19 et l’article 64.

Pour un débat serein et profond

De son côté, Bouchra Abdou, présidente de l’Association ATEC, s’est penchée dans son intervention sur les entraves structurelles limitant l’intégration de la femme dans la vie politique. L’intervenante a ainsi souligné l’importance de l’ouverture d’un débat public en vue de lutter contre la discrimination à l’égard des femmes. Pour ce faire, elle a appelé à ce que « les différentes lois organiques relatives à la chambre des représentants, à la chambre des conseillers et aux différentes collectivités locales doivent faire référence à l’article 19 de la Constitution et au devoir de l’Etat d’œuvrer pour la parité ». Évoquant les listes régionales, Bouchra Abdou a souligné que ces listes devraient être paritaires entre femmes et hommes tout en étant présidées par des femmes. 

S’agissant des listes locales, la conférencière a appelé à la mise en place d’un nouveau mécanisme supplémentaire garantissant au moins  l’élection d’une femme pour chaque circonscription locale. L’application d’une telle mesure va permettre d’atteindre un taux de 35% de femmes au sein de la chambre des représentants.                                                                                     A l’instar de Nouzha Skalli, Bouchra Abdou  a invité le législateur à abroger l’article 5 de loi organique de la chambre des représentants et la mise en place d’une commission permanente pour l’égalité de genre et la parité dans les deux chambres et garantir la parité au sein des structures du Parlement. Concernant les collectivités territoriales, le mémorandum des deux associations insiste sur la parité et alternance  sur les listes de candidatures et que 50% des listes devront être présidées par des femmes aussi bien au niveau des communes qu’aux niveaux des conseils provinciaux, préfectoraux ou encore régionaux.     

Par ailleurs, Rachida Tahiri, Secrétaire général de l’Association Awal- Houriyates,  a appelé à entamer des ruptures catégoriques avec l’existant en adoptant des textes de lois  paritaires,  garantissant une véritable démocratie participative et ce à travers la valorisation de l’approche genre, tout en  indiquant qu’il temps de créer une commission permanente de l’égalité et la parité au niveau de l’institution législative. Pour la militante du Parti du progrès et du socialisme (PPS), la bataille devrait se situer à plusieurs fronts : (Parlement et Partis politiques)  dont l’objectif est celui s’impliquer davantage les femmes dans le processus décisionnel, a-t-elle déclaré avec insistance. Notons au final que le débat a été animé par Mehdi Laimina, membre d’ATEC.

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