Les affres des rails au Maroc!

Le ministre japonais du transport vient de présenter officiellement ses excuses au peuple nippon pour…25 secondes d’avance de l’un de ses trains super huilés. Un désagrément de temps qui pourrait paraître anodin, mais combien précieux dans une société ultra exacte et précise.

Pour un éventuel retard, le responsable samouraï aurait, sans doute, mis fin à ses fonctions ! Qu’en est-il chez nous où on ne cesse de vanter le LGV ? La notion du temps n’a aucune importance, au point de se conduire sans le moindre respect à l’égard des passagers!

On annonce l’heure d’arrivée du train sur le quai, à l’enseigne lumineuse ou encore sur le ticket, cela devient quasiment une routine «normale» qu’il apparaît avec plusieurs minutes de surpassement, sans qu’on ne pipe mot sur le haut-parleur, en mal d’acoustique. C’est pratiquement un miracle qui confirme la règle si, par hasard, il arrive à temps, à la surprise de ses passagers retardataires, habitués aux bavures de l’engin. La ponctualité est donc dévidée de tout sens, dans un monde qui n’évolue qu’avec la précision du temps!

De surcroît, une fois sur le chemin à destination, on ne comprendra guère pourquoi il coupe net, sans aucune information sur cet arrêt inopiné. D’aucuns diront que c’est un autre train qui arrive de l’autre sens et que les rails ne peuvent tolérer le mouvement de deux rapides à la fois, de sens inverse.  Mais, quand ces arrêts se répètent plusieurs fois dont certains durent plus de vingt minutes, on a du mal à gober cette hypothèse. D’autant plus que le croisement ne s’effectue pas et que la communication demeure muette!

Imaginez un voyage de Rabat/Marrakech, soit un trajet de moins de 350 kms qui dure plus de sept heures, sur un train dont ni le départ encore moins l’arrivée ne sont déterminés, dans les faits ! Une torture pour le citoyen dont le temps fait partie de son agenda quotidien et qui se trouve à la merci de ce service public mortuaire ! On ne prête aucun intérêt à un fonctionnaire qui se rend à son travail ni à un étudiant qui va passer un concours décisif pour sa vie future ni à un entrepreneur dont le rendez-vous est capital pour ses affaires.

Pis encore, dans bien des cas, des malfrats à bord du train se frottent bien les mains pour aller commettre leur forfait dans des compartiments obscurs ou dans les couloirs bondés. Ces agressions ne cessent de proliférer au cœur de la débandade régnante dont le concept du temps se détériore constamment. L’ONCF se devrait alors de remettre d’aplomb ce secteur vital, à commencer par mettre ses pendules à l’heure, avant de chercher à battre les records au niveau des gares de luxe et des novations. Raffermir les usages basiques du train serait une priorité!

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