BAM décide d’injecter 11 MMDH à moyen terme

Le Conseil de Bank Al Maghrib (BAM) réuni, mardi dernier, a jugé utile de garder inchangé le même taux directeur de 2,25% tenant compte de l’évolution actuelle des indicateurs économiques. Le Conseil a décidé aussi de réduire la réserve monétaire de 4% à 2%. Cette décision va permettre l’injection de plus de 11 milliards de dirhams sur le moyen terme pour répondre favorablement aux besoins de plus en plus important  de liquidité bancaire sur les 8 prochains trimestres.

«Si une baisse du taux directeur pourrait booster les crédits, on l’aurait fait», a expliqué Jouahri, wali de BAM lors de la réunion du Conseil de la banque  mardi 24 septembre,  avant de rappeler qu’en 2014, le conseil de BAM avait décidé d’abaisser ce taux mais le rythme du crédit n’avait pas augmenté à cette époque.

Dans l’horizon des prévisions, la banque centrale  pour 2020 sur  une amélioration de la croissance à 3,8%, avec une stabilité du rythme des activités non agricoles à 3,6% et un accroissement de la valeur ajoutée agricole de 6,3%, sous l’hypothèse d’une production céréalière de 80 millions de quintaux. La valeur ajoutée agricole reculerait de 4,7%, ramenant ainsi la croissance de l’économie nationale à 2,7% en 2019 après 3% un an auparavant.

Le Conseil a noté qu’après s’être établie à 1,9% en 2018, l’inflation a nettement ralenti, se situant à 0,2% en moyenne sur les huit premiers mois de l’année, en relation notamment avec la baisse des prix des produits alimentaires à prix volatils. Selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, elle devrait continuer à évoluer à des niveaux faibles au cours des prochains mois pour ressortir à 0,4% sur l’ensemble de l’année. En 2020, elle s’accélérerait à 1,2%, tirée par sa composante sous-jacente qui, sous l’effet notamment de la reprise attendue de la demande intérieure, atteindrait 1,6% après 0,7% prévu en 2019.

Au niveau des  finances publiques, BAM indique que le déficit budgétaire hors privatisations s’est accentué sur les huit premiers mois de l’année de 5,8 milliards de dirhams à 34,9 milliards. Les dépenses globales ont augmenté de 5,4%, résultat notamment d’un alourdissement de celles au titre des « autres biens et services «. En parallèle, les recettes se sont renforcées de 3,4%, avec des hausses de 2,2% pour les rentrées fiscales et de 21,3% pour celles non fiscales. Dans ces conditions, et tenant compte de l’impact de l’accord conclu dans le cadre du dialogue social, le déficit budgétaire hors privatisations devrait se situer, selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, aux alentours de 4% du PIB cette année, avant de s’alléger autour de 3,8% en 2020, sous l’hypothèse de la poursuite des efforts de mobilisation des recettes et de maitrise des dépenses.

Par ailleurs, le wali de Bank Al Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri, reste convaincu qu’il faut être «très vigilant» vis-à-vis du niveau de la dette publique et éviter aux générations à venir des endettements «insupportables».

Au niveau du déficit du compte courant, BAM note son accentuation graduelle. Ainsi, tenant compte de rentrées de dons des pays  du CCG attendues pour des montants de 2 milliards en 2019 et de 1,8 milliard en 2020, le déficit du compte courant s’atténuerait graduellement, passant de 5,5% du PIB en 2018 à 5,1% en 2019 puis à 3,6% en 2020. Pour les flux d’IDE, après une hausse exceptionnelle en 2018, les recettes avoisineraient un niveau équivalent à 3,5% du PIB sur l’horizon de prévision. Prenant en considération deux émissions prévues du Trésor sur le marché international, l’encours des réserves internationales nettes s’établirait à 239 milliards de dirhams à fin 2019 et à 234,3 milliards au terme de 2020, continuant ainsi d’assurer la couverture d’un peu plus de 5 mois d’importations de biens et services.

Régime de change flexible

Interrogé sur la prochaine phase de la réforme du régime de change, le Wali de BAM a souligné qu’il veille à s’assurer que les prérequis sont présents et que les opérateurs notamment les PME ont assimilé la réforme et recourent aux outils mis en place. «Nous avons constaté qu’il y a encore un effort à faire en matière de pédagogie, de formation et d’information» a-t-il expliqué.

Il a, en outre, relevé que le statut de Bank Al Maghrib, entré en vigueur récemment, a renforcé l’indépendance de la Banque en ce qui concerne la définition et l’application de la politique monétaire.

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