Benabdellah: «Le chantier de l’édification de l’Etat de droit est encore ouvert»

«L’émergence d’un nouveau modèle de développement passe par la poursuite de la construction démocratique»

«L’émergence d’un nouveau modèle de développement passe par la poursuite de la construction démocratique», a relevé le secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), Nabil Benabdellah, vendredi 6 avril à Casablanca.

Benabdellah, qui s’exprimait lors du congrès national des avocats du PPS organisé dans la foulée de la dynamique que connaît le parti en perspective de son 10e Congrès, prévu pour les 11,12, et 13 mai prochains, a appelé les robes noires du PPS à jouer leur rôle parmi les forces vives qui veillent sur l’édification de la construction démocratique. « C’est au vu de l’importance de la problématique de la construction démocratique que nous avons décidé de tenir notre congrès sous le thème «Pour un nouveau souffle démocratique», a expliqué l’homme qui tient le gouvernail du parti du livre.

«Certes, nous avons fait des progrès, mais il faut avouer qu’il y a une distance, voire un fossé, entre notre réalité et cette vision moderne que nous souhaitons pour notre construction démocratique», a-t-il regretté.

«Nous insistons sur l’importance de l’instauration de la démocratie dans notre pays, car toutes les portes qui vont nous permettre de jeter les jalons d’un nouveau modèle de développement passent par celle-ci», a-t-il expliqué.

Après avoir rappelé l’appel du Souverain, lors l’ouverture de la session parlementaire d’automne, à la mise en place d’un nouveau modèle de développement, il a souligné que «l’émergence de celui-ci passe inéluctablement par la poursuite de la construction démocratique».

«Cela fait des années que nous relevons les limites du modèle de développement adopté. Les documents du parti ne laissent pas de doutes là-dessus. Depuis les 9e, 8e, 7e et même notre 6e Congrès, nous avons relevé les limites de la construction démocratique, celles de la création des richesses, les limites au niveau de la capacité de l’Etat à répartir de manière juste ces richesses pour que les différentes régions et catégories sociales puissent en bénéficier et en particulier, les couches vulnérables…», a noté Benabdellah.

Partant de là, le SG a réaffirmé que «si l’on appelle à jeter les jalons d’un nouveau modèle de développement, nous insistons à dire qu’il reste tributaire d’abord d’un corps partisan, d’un corps institutionnel et d’un corps démocratique sain. Un corps qui respecte l’action politique et où celle-ci est respectée», a-t-il indiqué.

Selon le SG du PPS, un nouveau modèle de développement nécessite une réflexion et des sources qui produisent des idées et des concepts. «Un nouveau modèle de développement ne peut tomber du ciel», a-t-il martelé en mettant en garde contre la transposition ou la translation ou encore l’importation de modèle prêt-à-emploi. «On ne doit pas commettre l’erreur de mettre en place un modèle prêt-à-emploi dessiné par un parterre d’experts nationaux ou qui appartiennent à des instances internationales étrangères au contexte marocain», a-t-il dit, en ajoutant : «Il n’y a pas de recette préétablie qui puisse produire l’impulsion économique voulue».

«Nous avons déjà vécu cette expérience avec le PAS (programme d’ajustement structurel) qui nous a ramenés à ce qui a été qualifié par Feu Hassan II de «crise cardiaque», a tenu à rappeler le SG, soulignant au passage que « la production de ce modèle doit être faite au niveau des partis politiques et entre les partis dans une première étape avant de se concrétiser, par la suite, sous forme d’un programme gouvernemental».

De son point de vue, «ce modèle ne doit pas seulement rester lettre morte ou simplement enfermé dans des documents, mais doit être traduit sur la réalité à travers des décisions au niveau du système de gouvernance, au niveau administratif, au niveau des régions, au niveau de l’édification démocratique, au niveau des orientations économiques. Il y a plusieurs choix à faire», a-t-il expliqué. «Pour ce faire, le leader du PPS insiste sur la nécessité d’avoir des partis politiques forts et solides qui bénéficient de la confiance du citoyen et qui peuvent débattre et expliquer ces décisions».

«Au sein de l’actuel gouvernement, nous avons besoin de gens qui peuvent prendre les devants de la scène et aller vers les gens, communiquer», a-t-il mis en avant en déplorant «l’absence de communication».

«Il y a une angoisse que nous touchons chez l’opinion publique, nous avons donc besoin de quelqu’un qui peut faire face et expliquer, à titre d’exemple, ce qui se passe à Jerada et à Al Hoceima…».

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