Fléaux du Ramadan: La charité à des fins électorales

Le Ramadan, mois de la piété, du partage, de solidarité, de spiritualité et de recueillement, est également mis à profit par des intermédiaires, des courtiers électoraux et des faux bienfaiteurs à des fins électorales.

C’est ainsi que des aides alimentaires, des paniers de Ramadan, sont soigneusement distribués, en ciblant des familles pauvres mais bien inscrites sur les listes électorales. Ce phénomène refait surface chaque année à l’occasion de ce mois sacré, en dépit de la mise en garde du ministère de l’Intérieur. Plusieurs formules sont de mises afin de mieux cibler le fichier électoral du politique/«bienfaiteur».

Certains élus confient cette mission à leurs proches et les mêmes équipes qui chapeautaient leur campagne électorale, certains autres recourent à des grossistes à l’extérieur de leur périmètre électoral et bien d’autres suivent des circuits mis en place par des entreprises qui prennent en charge l’opération en livrant à la famille son panier chez elle et sans bruit. En fait, ces pratiques, qui corrompent le processus électoral en amont, s’adaptent au contexte de la circonscription électorale, exploitant la pauvreté et l’ignorance de certaines familles défavorisées.

C’est pourquoi que des élus, qui tirent profit de ces nids de la précarité, ont toujours combattu des programmes de recasement des bidonvillois, retardé le lancement de projets de développement social et réduisent la politique de proximité à une opération de charité bien ordonnée et orientée à des fins électorales. Pour cette catégorie d’élus sans scrupules,  il s’agit d’un investissement dans le fichier électoral afin de collecter de nombreuses voix dans la circonscription ciblée et «socialement» entretenue.

Face à l’ampleur du phénomène et les dangers qu’il présente pour la pratique démocratique, des voix se sont élevées dénonçant ces comportements qui faussent le jeu démocratique et souillent l’image de la société marocaine. Le ministère de l’Intérieur a réagi en mettant en garde contre cette pratique, appelant les responsables de l’administration territoriale dans les régions à être vigilants afin de mieux cerner le phénomène et le neutraliser.

B.Amenzou

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