La classe moyenne agressée!

Comme à l’accoutumée, le projet de loi de finance que les parlementaires s’apprêtent à picorer, en séance bicamérale de l’hémicycle, fait ressortir des disparités criardes. On aura constaté, sans avoir nullement à se tromper, qu’on continue à élargir davantage l’éventail de la fiscalisation à la source, en direction de la classe moyenne. Une frange de plus en plus, émergente dans le tissu sociétal de la démographie nationale.

Au fil du temps, elle s’avère  être une  soupape de sécurité sur laquelle repose la stabilité de la Nation. Elle paie à chaque fois, les pots cassés des déséquilibres budgétaires, générés par la gestion approximative dont font preuve les décideurs du législatif. Il va sans dire que cette couche sociale de portée nodale dont la capacité de résilience tend à s’amenuiser, est constamment agressée par une panoplie de prélèvements imposables.

D’autant plus que son évolution est continuellement ankylosée par les boîtes de crédits qui hypothèquent sa vie, à longueur d’âge. En revanche, on aura relevé paradoxalement les «largesses» dont jouit la classe bourgeoise constituée, dans sa globalité, de barons de domaines souvent en situation d’illicéité patente.

Son lobbying qui étend les tentacules dans le monde du business, mais également dans les rouages de la politique, exerce son pouvoir dans les dédales des concepteurs des budgets de l’Etat. Ainsi, à titre d’exemple, la loi relative à l’impôt sur la richesse n’a jamais pu voir le jour, en dépit des voix protestataires qui vocifèrent dans l’enceinte de la députation et malgré l’état critique de la société.

On retiendra, dans ce sens, le cumul de richesse dont bénéficie l’un de nos hyper milliardaires qui voit son capital tripler, en ces moments de pandémie. Chez nous, il est monnaie courante que les pauvres continuent à s’appauvrir et que les riches ne cessent de s’enrichir, au vu et au su de tout le monde, sans que l’appareil régulateur de la Nation ne pipe mot au point que les premiers s’en trouvent au très bas du ravin, alors que les seconds caracolent au paroxysme de la plénitude.

Et c’est bien le «mur bas» qui n’est autre que la classe moyenne qui en pâtit et en fait les frais, à travers des taxes assassines. Ce paradoxe révoltant fait penser à un dialogue ci-dessous, extrait de la pièce d’il y a 400 ans, intitulée «Diable rouge» de son auteur Antoine Rault :

Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà.

Mazarin : Oui, c’est impossible

Colbert : Alors, les riches?

Mazarin : C’est pareil. Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus.

Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres.

Colbert : Alors, comment fait-on?

Mazarin : Il y a une quantité des gens qui sont entre les deux, ni riches, ni pauvres…qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! C’est, ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux-là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser… C’est un réservoir inépuisable.

On ne peut alors que déplorer les assauts meurtriers dont fait l’objet la classe moyenne de la part d’un système libéral qui ne fait que creuser de plus belle, les inégalités sociales dont la classe en question aux espérances de promotion certaines, tend à s’estomper. Il va donc falloir l’épargner, en tant que source de développement, pour espérer la délivrance nationale.

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