Repenser l’industrie touristique!

Il est bien certain que le balnéaire n’est pas le seul créneau sur lequel peut compter le tourisme dans la région Souss Massa. Le tourisme alternatif, sous toutes ses formes et dont le rural occupe une place de choix,  demeure une activité d’une importance capitale dans un environnement écologique aussi attrayant que porteur. L’apport décisif de ce secteur vital en termes de capitalisation de ces produits naturels vise à valoriser ces alternatives intégrées.

L’accompagnement qu’on tente de mener, avec persévérance au niveau des projets micro-entreprises, de la protection juridique des produits du terroir, en particulier l’arganier, le safran, la figue de barbarie, la rose…, entre autres, s’avère d »une nécessité notoire. Cette démarche fort ambitieuse est sujette à beaucoup de volontarisme, de méthodologie et de technologie. Cet aspect touristique d’envergure draine, de plus en plus, une clientèle croissante. Nul doute que ces efforts tendent à la diversification des produits touristiques de l’une des destinations prisées du royaume où se côtoient mer, montagne, oasis, désert, verdure, neige…C’est dire que tous les goûts peuvent y trouver leur compte.

Il va sans dire également que le balnéaire a constitué, depuis des lustres, le levier incontestable de l’industrie touristique de la capitale du Souss. Pour ce faire, on avait misé, dès les années 80, à mener une course folle pour l’édification des unités hôtelières de haut standing, avec l’entrée en lice des Tours Opérateurs, au côté des investisseurs et des opérateurs économiques marocains. Cependant, au fil du temps, on s’est bien rendu compte que ces TO pratiquaient une véritable mainmise sur la destination et exigeaient une capacité d’accueil encore plus grossissante. Or, l’on constatera que les complexes hôteliers connaissent de plus en plus des fléchissements criants. Nombre d’hôtels trouvent beaucoup de peine à survivre et tombent éperdument dans le délabrement.

L’option balnéaire de luxe est, en conséquence, mise à rude épreuve. C’est ainsi que le tourisme intérieur n’a jamais pu se hisser aux honneurs, quoique les compatriotes marquent constamment sur leur carnet de vacances le nom d’Agadir comme destination de prédilection. Cet échec a occasionné, à coup sûr, des retombées de taille dans la vision et l’ambition globales tablées sur Agadir, en tant que pièce maitresse de l’économie nationale, avec plus de 28.000 lits qui seraient renforcés par la fondation de la station balnéaire de Taghazout. Toutes ces prévisions butent face à la réalité amère, avec l’effritement de la capacité litière.

Devrait-on se rabattre maintenant sur le tourisme rural, avec ce que présente l’arrière pays, tel Imouzzer, comme potentiel naturel de qualité? Evidemment! Toutefois, il va falloir concilier les deux volets indissociables, en mettant en place une refonte de l’action touristique dans la région, avec l’implication de tous les intervenants du secteur, toutes catégories confondues.

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