Roumanie: Klaus Iohannis rempile pour un second mandat…

Porté en 2014 à la tête de la Roumanie à la faveur de la vague de mécontentement qui s’était abattue sur la politique initiée par son adversaire politique l’ex-Premier ministre social-démocrate Victor Ponta, le libéral Klaus Iohannis, 60 ans, pro-européen convaincu, ancien professeur de physique issu de la minorité allemande de Transylvanie et de religion protestante dans un Etat où la population est majoritairement chrétienne orthodoxe a remporté ce dimanche un second mandat de président face à Veronica Dancila, la candidate du Parti Social-Démocrate (PSD) après avoir contribué, activement le mois dernier, à renverser le gouvernement dirigé par cette dernière.

Accusé, par celle-ci, de «violer la Constitution», Klaus Iohannis, pour lequel cette cohabitation conflictuelle constituait un gros grain de sable dans l’engrenage qu’il entendait faire tourner pour l’émergence d’une Roumanie «moderne et fonctionnelle», n’a eu de cesse de refuser de nommer les ministres désignés par Mme Dancila et d’user de moult recours auprès de la Cour constitutionnelle pour se maintenir à son poste en dépit des menaces de suspensions maintes fois proférées par sa rivale politique.

Pour rappel, après avoir passé la plus grosse partie de son premier mandat dans des affrontements avec la majorité socio-démocrate «obnubilée par un projet très décrié de réforme de la justice», Klaus Iohannis, qui se définit lui-même comme ayant été le «pompier qui a empêché que la Roumanie ne s’effondre» – faisant, par-là, allusion à la volonté de la gauche d’affaiblir la justice anti-corruption qu’il s’était efforcé de mettre en place – promet de s’atteler, cette fois-ci, à l’avènement d’un Etat « moderne et fonctionnel». Il entend, également, doter le pays d’«institutions qui travaillent pour les citoyens, de bonnes écoles pour les enfants, des hôpitaux modernes et des infrastructures qui stimulent le développement de toutes les régions».

Et si, en s’inspirant de l’anti-européanisme du Premier ministre hongrois Viktor Orban, les sociaux-démocrates roumains se sont élevés contre les institutions européennes, il faut reconnaitre à Klaus Iohannis le mérite d’avoir pu maintenir la Roumanie sur la voie européenne et d’avoir fait de son parti, le Parti National Libéral (PNL), la formation de droite majoritaire au Parlement de Strasbourg.

Alors que ses détracteurs qui le comparent parfois à un robot lui reprochent «tantôt d’être inactif, tantôt d’être un dictateur», Klaus Iohannis qui se présente lui-même comme étant un «président impliqué qui vient avec des solutions » a promis d’œuvrer pour une «Roumanie européenne, normale» qui sera délivrée du fléau de la corruption et dans laquelle les institutions fonctionneront comme il se doit.

Si le nouvel ancien président de Roumanie est vu, par ses opposants comme étant «un homme froid, calculateur et qui pèse ses mots», l’ancien diplomate et professeur de philosophie Ciprian Mihali estime que ce «manque de spontanéité lui a fait rater de nombreuses occasions» mais lui a aussi permis d’«éviter les pièges tendus par le PSD».

Enfin si, comme l’a dit à l’AFP, Cristian Diaconescu,  l’ancien ministre roumain des Affaires Etrangères, «l’appartenance même de la Roumanie aux valeurs occidentales était mise en doute», il est clair qu’avec le maintien de Klaus Iohannis à la tête du pays c’est aussi bien l’Union Européenne que l’OTAN qui sont rassurés mais attendons pour voir…

Nabil BousaadiKlaus Iohannis, 60 ans, Mme Dancila, Cristian Diaconescu,

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