Le Sommet du G7 face aux tergiversations de Donald Trump

Malgré des tensions et des différends masqués par des sourires de façades et des accolades de circonstances, les dirigeants du G7 (Etats-Unis, Canada, France, Royaume Uni, Allemagne, Italie et Japon) qui se sont rencontrés vendredi et samedi à La Malbaie, au Québec, avaient réussi, tant bien que mal, à se mettre d’accord sur une déclaration commune quand bien même le Président américain avait laissé entendre, bien avant le sommet, qu’ils n’y parviendront jamais.

Ayant respecté, cette fois-ci,  le protocole nonobstant ses célèbres sautes d’humeur, le Président Donald Trump n’a quitté le sommet que quelques heures à peine avant les autres dirigeants pour pouvoir rallier Singapour où il est prévu qu’il rencontrera ce mardi le président nord coréen Kim Jong-un.

Très souriant sur la traditionnelle photo de famille, le Président américain qui avait été vu quelques instants auparavant aux cotés de Justin Trudeau avait profité de cette rencontre pour déclarer que les relations entre leurs deux pays n’ont «jamais été aussi bonnes». Il s’est également entretenu avec  la chancelière allemande Angela Merkel et avec le président français Emmanuel Macron avant de féliciter chaleureusement le nouveau président du Conseil italien Giuseppe Conte pour sa «grande victoire».

Mais si jusqu’à ce moment-là, c’est-à-dire jusqu’au moment de prendre la fameuse photo de famille, le sommet du G7 au Canada semblait avoir réussi, en le quittant le président américain a subitement fait volte-face. Prenant tout le monde de court, Donald Trump a annoncé,  sur son compte Twitter, le retrait des Etats-Unis du texte final du sommet.

Mais pourquoi donc un tel revirement de la part du président américain quelques heures à peine après avoir quitté le Canada ?

Trump reprocherait au Premier ministre canadien Justin Trudeau sa «malhonnêteté» et ses  propos «presque insultants» concernant les droits de douane sur l’acier et l’aluminium mis en place par Washington.

En réponse, le cabinet du premier ministre canadien a déclaré vouloir se concentrer sur ce qui a été accompli durant le sommet du G7 ajoutant même que «le premier ministre n’a rien dit qu’il n’avait pas déjà dit auparavant, autant publiquement qu’en conversations privées avec le président».

Réagissant à ce retournement de situation, la France a déclaré dans un communiqué de l’Elysée qu’à l’instar, de l’ensemble des signataires, elle adhère pleinement au communiqué final du G7 énonçant des engagements auxquels tous les membres sont tenus de se conformer. Et Paris d’ajouter  que «quiconque les quitterait le dos tourné montre son incohérence et son inconsistance (car) la coopération internationale ne peut dépendre de colères ou de petits mots» ; allusion directe à Donald Trump qui n’a fait part de sa désapprobation qu’après avoir quitté le sommet.

Dans le «Journal de Montréal», Loïc Tassé n’y est pas allé de main morte  puisqu’il en est venu jusqu’à traiter de «fou», de «lâche» et de «malade mental (celui) qui dirige le pays le plus puissant de la planète» lui reprochant d’avoir changé d’opinion à trois reprises durant un sommet qui n’a pas duré plus de vingt-quatre heures et de n’avoir même pas eu «le courage d’affronter » les dirigeants du G7 puisqu’il s’est permis de les insulter «à distance».

Le journaliste ne trouve, enfin, aucune «logique cohérente» dans les actions de Donald Trump mais plutôt une incapacité à suivre des «raisonnements politiques, économiques ou sociaux»; ce qui  le pousse à réagir «après-coup dans de tortueuses explications qui n’ont aucune rationalité véritable». Poussant son raisonnement jusqu’au bout, le journaliste s’interroge, enfin, sur le temps qu’il faudra «aux américains pour saisir que leur président souffre de maladie mentale».

Interrogé, durant le sommet, sur l’éventualité d’un changement d’attitude de la part du président américain, Emmanuel Macron avait déclaré : «S’il est cohérent avec ses déclarations bilatérales et ce qu’il a signé, il n’y aura plus de mesure unilatérale négative (car) même si ce texte n’est pas juridiquement contraignant, la signature du président américain l’engage».

Mais quelles seront donc les suites de ce sommet du G7 alors que bien qu’ayant signé le texte final, le président américain l’a expressément dénoncé, quelques heures après, sur son compte Tweeter ? Attendons pour voir…

Nabil El Bousaadi

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