Un certain regard sur la société yéménite sous les bombes

Propos recueillis par Mohamed Nait Youssef

Amr Gamal, réalisateur du film «10 jours avant le mariage» a été nominé aux Oscars.  Le premier long métrage yéménite «10 jours avant le mariage» du jeune réalisateur tourné en pleine guerre, a été projeté jeudi 24 octobre à la  Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc à Rabat.

Dans une salle comble, le public a eu droit à une projection intimiste du film qui braque les lumières sur la ville d’Aden en particulier et  le Yémen en général. En effet, «10 jours avant le mariage» est le premier film yéménite réalisant un franc succès dans le pays et au-delà  des frontières. Par ailleurs, sous les bombes, un jeune couple décide de se marier et continuer une nouvelle sous un ciel mitigé et instable. En outre, l’histoire reposant sur des faits réels  s’est déroulée entre 2015 et 2018. Ainsi, entre vents et marées de la vie  à Aden, le mariage a eu finalement lieu. Ce film traite avec un souffle humoristique les maux de ce pays  déchiré par la guerre. «Cette guerre est infinissable, et elle va revenir autrement», a déclaré dans le film Sali Hamada qui a interprété brillement  le rôle de la mariée (Racha). Rencontre avec le réalisateur.

Al Bayane: Votre film «10 jours avant le mariage» a été tourné en pleine guerre. Parler nous un peu des conditions du tournage et la direction des artistes pendants ces temps durs et sous les bombes?

Amr Gamal: Les conditions du tournage étaient difficiles au Yémen  même dans la vie quotidienne des gens était très dure. Il faut rappeler aussi que dans les temps de paix, les arts chez sont un luxe. En fait, c’était une période difficile et complexe dans le pays, et nous les jeunes on a essayé de créer quelque chose de nouveau à travers le cinéma et l’image. Dans ce film on a  braqué les lumières sur cette période du pays notamment dans notre ville, Aden. Certes, le cinéma  est la mémoire de chaque nation et sans absence signifie que ce pays est attient d’Alzheimer.

En revanche, on a essayé de valoriser le patrimoine de la ville : sa gastronomie, les noms des rues, la musique ancienne, les costumes traditionnels. Le film aussi est une histoire d’amour et de mariage. En fait, à travers ce dernier on a montré l’effondrement de la situation économique à traves Mamoun et Racha surtout après la guerre.

Le film a été fait avec un petit budget de 30.000 dollars sans recourir bien entendu au soutien de l’Etat. A vrai dire, cette production cinématographique était une aventure à risque pour vous entant que jeune réalisateur. Comment avez-vous gérer cette situation?

C’était un défi pour réaliser ce rêve. On savait déjà que c’était difficile d’avoir un grand budget. Donc on fait un peu de la «mendicité» (rires), on a frappé à des  portes des grandes entreprises pour avoir des fonds. C’est à peine qu’avait attient les 30.000 dollars. Cette enveloppe n’a pas été consacrée au tournage, mais la rénovation et la restauration de deux salles de mariage qui ont été démolies  pendant la guerre. C’est là où nous projetons nos films. Il faut le dire,  à  Aden on pas assez d’espaces pour organiser des manifestations artistiques et culturelles parce que toutes les salles de cinéma ont été détruites.

Le film a été nominé aux Oscars. C’était une réussite déjà, mais aussi et surtout une étape importante dans le cinéma Yéménite. Comment voyez-vous l’avenir du 7ème art surtout avec des jeunes réalisateurs et cinéastes de votre pays?

Cette expérience comme celle-là  et sa grande réussite au Yémen doit être une motivation pour les jeunes de créer dans tous les domaines même avec des moyens de bord. Ce film est une production collective qui a donné ses fruits.

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