Une démocratie, comme les autres…

À la lecture de ce qui suit, les États Unis d’Amérique ont, depuis hier, un nouveau président dans la personne de Joe Biden, quarante-sixième dans la fonction. Le contexte imposé par la pandémie de la covid-19, et des variants de son vecteur, ont commandé les conditions de l’investiture du président élu et de sa vice-présidente Kamala Harris.

Son prédécesseur n’a pas voulu assister à la cérémonie, pour ses raisons ; et aussi suite aux fâcheuses retombées de l’assaut du Capitole, bâtiment du Congrès, par ses supporters.Il en est devenu personae non grata à Washington.

La journée d’investiture se passera aussi dans des conditions sécuritaires extrêmes : une capitale déserte et quadrillée par l’armée pour parer à toute tentative de perturbation, voire de violences.

Pour ceux et celles qui la prennent comme modèle absolu, la démocratie aux USA est certes résiliente; comme toutes les autres démocraties, capables de surmonter l’adversité, chacune a sa manière. Il reste que de plus en plus, elle n’est pas à l’abri des dérapages conséquents aux problèmes relatifs à la représentation et à la dégradation des valeurs et des comportements démocratiques, ce qui provoque le désintéressement de la population de la chose politique et son abstention.Elle apparaît aussi comme affaiblie par la montée des mouvements populistes et des partis d’extrême droite et par la possibilité de l’exercice personnel du pouvoir défiant les garde-fous établis par «le système de freins et contrepoids».

La représentation équitable, là où «les hommes ne sont pas des anges», est loin d’être assurée alors que l’argent reste un puissant levier pour se faire élire, surtout que le découpage électoral est «gerrymandering» et que les médias abusent de fake news au profit des puissants qui les financent.Les inégalités raciales persistent dans un pays où la couleur de la peau peut aboutir à une asphyxie entrainant la mort…

Ramenée à ses semblables, la démocratie étasunienne reste vivante dans un équilibre dynamique régi par les ambitions personnelles et collectives au sein d’un monde bouleversé par la crise sanitaire et ses conséquences, le foisonnement médiatique et une géopolitique en quête de leadership.

Elle montre aussi qu’aucune démocratie n’est achevée. Le combat démocratique est continu tant que les besoins des personnes ne sont pas satisfaits autant qu’ils sont ressentis. De même, chaque société trouve sa voie pour vivre sa démocratie. Comme disait l’autre, la démocratie n’est pas un « prêt à consommer » selon une recette déterminée. Sa négation ne résiste pas aux contraintes de l’évolution dans un monde de plus en plus considéré comme un village.

Sa propagation n’étant pas aussi rapide que celle de l’épidémie de la covid-19 ou de ses virus, mais elle fait son chemin et s’imposera; car elle reste indispensable pour le développement durable, l’émancipation et la justice sociale et spatiale. Elle implique l’individu autant que la collectivité ; et celles et ceux qui s’abstiennent pour une raison ou une autre ne font que faire pencher la balance au bénéfice de ceux-là mêmes qu’ils critiquent pour ne pas répondre aux attentes de la population. Ils contribuent par cet égoïsme à l’aliénation des plus démunis et à leur utilisation comme un stock électoral pour éviter le changement progressiste.

Certes, la croissance peut se réaliser sans démocratie, car elle relève de l’exploitation des ressources naturelles et de celle de l’homme. Mais elle n’a jamais assurée à elle seule l’émergence d’une société, car elle est conflictuelle, répressive, privative et discriminatoire.À ne considérer que cet aspect de l’enrichissement, l’ochlocratie remplace la démocratie et menace de chaos l’état sous les effets conjugués de la démagogie, de la médiocrité, de la décomposition de la loi et de l’instabilité. Il faut le dire, les derniers jours chaotiques de Trump à la Maison Blanche ont confirmé son tumultueux mandat présidentiel; et, ont créés un désordre tel qu’une journée historique dans l’alternance entre le parti de l’éléphant et le parti de l’âne s’est transformée en une journée pas comme les autres dans une démocratie, somme toute, comme toutes les autres.

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