Au lendemain de son élection à la présidence de la Chambre des représentants, Lahbib El Malki a donné l’impression qu’il entame la mission législative de l’institution par une «lecture étroite» du texte fondamental et des lois régissant la Chambre basse du Parlement. En effet, lors d’une réunion, tenue mardi matin, avec les présidents des groupes et groupements parlementaires, il a pris le soin d’exclure la présidente du groupement parlementaire du progrès démocratique du Parti du progrès et du socialisme (PPS), Aïcha Lablak.
La réunion, qui était de surcroit consultative, était consacrée à la question de la loi relative à l’acte consultatif de l’Union africaine et du protocole additionnel, avant leur mise dans le circuit législatif habituel. Aucun texte n’interdit explicitement ou implicitement la présence du représentant d’un groupement parlementaire avec les présidents des groupes parlementaires dans la Constitution ou encore dans le règlement intérieur de la Chambre des représentants.
Hormis une lecture étroite et intentionnelle des textes, rien ne s’y oppose. «Tout ce qui n’est pas interdit est permis» dit-on dans un Etat de droit. En plus la réunion avait un caractère consultatif. La présence d’une députée, représentant une formation politique, ne pourrait qu’enrichir le débat.
Dans une déclaration à AlBayane, la présidente du groupement parlementaire du progrès démocratique, Aïcha Lablak n’a pas caché sa déception par rapport à son exclusion d’une réunion, d’autant plus qu’elle était consultative. Une tradition qui a ainsi été violée, a-t-elle soulevée. «Il semblerait qu’il y a une certaine lecture étroite des lois ou même une intention d’écarter le groupement du progrès démocratique, comme il se dégage de la nouvelle configuration de la Chambre des représentants», a fait savoir la députée du PPS.
Et d’affirmer qu’elle ne trouve pas d’explication à cette décision qui va à l’encontre de l’approche participative surtout qu’il s’agissait d’une réunion consultative. La députée, qui était éberluée et complètement stupéfiée, appelle enfin à faire valoir l’intérêt de l’institution législative, à opter pour une approche participative, à préserver le pluralisme et fructifier les débats pour mieux servir le pays.
B.A