La troupe théâtrale d’Agadir a présenté, samedi dernier à Moscou, dans le cadre d’un festival international de théâtre, un spectacle de très haute qualité. Tous les festivaliers venus de nombre de nations du monde entier, étaient sidérés par la valeur de la prestance marocaine et ne cessaient d’ovationner les jeunes comédiens de notre pays, tout pétillants et radieux de leur performance. Un peu plus tard, au sortir de la salle, nos jeunes artistes auréolés et leur metteur en scène, Omar Sehnoun, étaient submergés et assaillis de toutes parts par les participants du festival.
Les yeux larmoyants, ces jeunes ne savaient nullement qu’ils venaient de hisser très haut le fanion du Maroc, devant une multitude de nationalités de la planète. Au cours de cette soirée mémorable, un autre pays maghrébin qui nous est cher, en l’occurrence la Tunisie, était également de la fête, en compagnie de son ambassadeur, venu soutenir et motiver les jeunes comédiens tunisiens. Sa présence avait, bel et bien, enchanté et valorisé les siens, d’autant plus qu’il leur avait rendu un vibrant hommage, en prenant la parole devant l’imposante assistance, tout en passant des messages nobles, ayant trait aux idéaux de l’ouverture et de la tolérance, faisant, en fait, honneur à son pays.
Hélas, notre ambassadeur dont le conseiller avait rendu visite à la délégation, la veille du spectacle marocain, a brillé par son absence, alors que ce dernier avait promis au groupe marocain d’assurer une présence du diplomate marocain ou encore une représentant de l’ambassade. Il est bien vrai que l’ambassadeur pourrait avoir un empêchement, mais toute l’ambassade ne devait pas demeurer insensible à la liesse de la délégation marocaine, fortement acclamée par l’ensemble des festivaliers. Personne de l’ambassade du Maroc à Moscou n’avait pris la peine, ce jour-là, de faire le déplacement jusqu’au lieu du festival, comme l’avait si brillamment fait son homologue tunisienne.
Un moment émouvant que les commis de l’ambassade avait boudé pour des occupations certainement pas aussi patriotiques que leur présence parmi ces jeunes marocains impatients de la rencontre promise. Il est en effet, bien évident que la troupe marocaine était profondément indignée et lésée par cette indifférence gratuite d’un organisme étatique, censé mettre en valeur une somptueuse prestation émanant de jeunes qui ont traversé de milliers de kilomètres pour représenter dignement leur cher pays.
Un sentiment de profonde frustration qui marque malheureusement ces enfants pour leur première sortie, à l’étranger, mais combien adulés et encensés par des centaines de festivaliers de tous les horizons. Ces petits agents inciviques de l’ambassade ne peuvent que se mordre les doigts de leur boutade irréfléchie. La diplomatie marocaine a encore une fois raté le coche, dans un coin du monde où le souverain vient de faire sensation, il y a juste quelques semaines. Une conduite des inadmissibles de la part d’une ambassade aussi glaciale que les vastes étendues de Sibérie envers ses compatriotes, en particulier ces enfants enthousiasmés par la chaleur des moscovites.
Saoudi El Amalki