La variole du singe, déjà contaminée par infox et rumeurs

Maladie « causée par les vaccins », « fomentée par Bill Gates »: l’apparition récente de cas de variole du singe hors d’Afrique suscite déjà moult infox, rumeurs et insinuations complotistes sur internet, largement calquées sur celles qui circulent depuis 2020 autour du Covid.

La « variole est un des effets secondaires d’AstraZeneca », affirment des internautes, une infox particulièrement répandue dans le monde entier. En guise de « preuve », ils font valoir qu’un « adénovirus de chimpanzé » a été utilisé pour créer le vaccin contre le Covid-19.

Mais les experts interrogés expliquent que c’est totalement « infondé » et que les deux pathogènes n’ont rien à voir, ils appartiennent à des familles de virus différentes (poxvirus pour la variole du singe et adénovirus pour le vaccin Covid).

Il n’est « pas possible que cet adénovirus se transforme » en virus responsable de la variole du singe, explique Teresa Lambe, professeur d’immunologie à l’Université d’Oxford.

L’adénovirus est utilisé dans le vaccin comme vecteur, c’est-à-dire comme un simple véhicule pour transporter les instructions génétiques jusqu’aux cellules du vacciné, qui peut alors créer sa réponse immunitaire contre le Covid.

Et comme dans les autres vaccins dits « à vecteur viral », l’adénovirus a été modifié de façon à ne pas contaminer l’organisme du vacciné, ajoutent-ils.

Enfin, la variole du singe doit son nom au fait qu’elle a été découverte pour la première fois chez des macaques en 1958 mais elle n’est pas particulière à cette espèce, note l’Inserm. On le retrouve aussi chez les rongeurs par exemple.

En 2021, NTI, une organisation américaine spécialisée dans la prévention des risques nucléaires et bactériologiques, a organisé une simulation d’épidémie de variole du singe. La date retenue pour ce scénario fictif ? Mai 2022.

Cette coïncidence est largement instrumentalisée pour affirmer ou laisser entendre que la multiplication de cas de « monkeypox » a été orchestrée.

Comme la Fondation Bill et Melinda Gates fait partie des nombreux contributeurs de NTI, le milliardaire américain – déjà ciblé par de nombreuses thèses complotistes depuis des années – est, de surcroît, accusé d’être derrière cette nouvelle alerte sanitaire.

« Pour les besoins de l’exercice, nous voulions sélectionner un pathogène qui soit plausible dans notre scénario, et nous avons choisi la variole du singe parmi plusieurs options proposées par nos experts », a expliqué NTI, qui souligne que « les risques posés par la variole du singe sont bien documentés depuis des années par de nombreuses autorités sanitaires ».

« Ce qu’il faut retenir (de la simulation de 2021, NDLR), ce n’est pas le pathogène en particulier (choisi) dans notre scénario fictif, (mais) le fait que le monde n’est absolument pas préparé à de futures pandémies et que nous devons agir urgemment pour pallier cette faiblesse », ajoute l’organisation.

Une rumeur similaire avait circulé en 2020 à propos du Covid, basée sur une simulation d’épidémie de coronavirus menée en 2019.

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