L’économie culturelle pilier du développement

Les participants aux Assises nationales de la culture marocaine ont appelé à intégrer la dimension de la culture et de l’économie culturelle dans les stratégies de développement, à revoir le concept et le rôle de l’intellectuel dans la société et à insérer les différentes formes d’expression culturelle et artistique dans le système éducatif.

Les intervenants lors de l’atelier «politique et diplomatie culturelles», organisé en marge de ces assises tenues les 9 et 10 janvier 2015 à Tanger, ont souligné la nécessité d’élaborer un plan stratégique pour le soutien et la promotion de la culture et des arts en vue d’améliorer les compétences cognitives et culturelles du citoyen, lit-on dans le «Manifeste culturel de Tanger», publié par l’Union des écrivains du Maroc (UEM) en février 2016. Au niveau de la gouvernance culturelle, les participants ont plaidé, lors de ces assises qui célèbrent «l’année de la culture marocaine», pour la valorisation des écrivains et des artistes marocains et la reconnaissance de leur précieuse contribution dans le domaine culturel et pour l’implication des acteurs culturels dans la préparation d’une politique en la matière, dans le cadre d’une vision globale et harmonieuse.

Par ailleurs, les participants ont appelé à l’amélioration des infrastructures culturelles sur tout le territoire national en donnant la priorité aux centres de proximité et ont soulevé également la nécessité d’adopter une stratégie nationale pour la promotion de la lecture, d’organiser des manifestations littéraires et artistiques et d’établir des partenariats entre le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et L’UEM.

Quant à l’atelier «culture et capital immatériel», il s’est penché, entre autres, sur les questions de la formation des intervenants dans le domaine culturel et l’institutionnalisation et la réglementation de «l’entreprise culturelle» pour la rendre plus attractive pour les investisseurs. Concernant l’atelier de «la culture et la régionalisation», il a débouché sur des recommandations appelant à l’élaboration d’un projet national dédié à la culture régionale, l’activation du Conseil supérieur des langues et de la culture marocaine et l’adoption d’un outil régional pour le financement des projets de développement culturel, sur le plan local et régional.

En matière de «culture populaire», thème d’un autre atelier, il a été proposé d’instaurer une charte nationale pour la protection et la promotion de la culture et des arts populaires et de les intégrer dans les projets de réforme de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique.

Les participants à l’atelier du théâtre ont souligné la nécessité de renforcer l’arsenal législatif par des textes réglementant la profession et le secteur, dans le sens d’assurer l’exercice de la profession dans un cadre institutionnel garantissant les droits des professionnels et renforçant la qualité et la valeur de l’action professionnelle, ainsi que de mettre en place un programme dédié à la création des structures théâtrales, et soutenir la production, la formation et la recherche scientifique en la matière.
L’atelier de cinéma a dégagé des propositions tant au niveau de la production et de la formation cinématographiques, que de l’exploitation, de la distribution et de la réception.
L’atelier des beaux-arts a notamment recommandé le renforcement de la formation et l’encouragement de la production à travers la création de facultés et de filières universitaires dédiées aux beaux-arts, l’amélioration des normes via la formation des experts et l’établissement d’un partenariat avec la Société nationale de radiodiffusion et de télévision (SNRT). 
L’atelier de musique a soumis, quant à lui, des propositions à l’attention du ministère de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur (création de la licence professionnelle en éducation musicale), de la culture (création d’instituts de musique respectueux des normes internationalement reconnues) et de la communication (la nécessité pour les chaînes de télévision de respecter les cahiers de charge). Les participants à l’atelier de l’écriture, de la lecture, de l’édition et de la distribution ont considéré que le succès de la nouvelle stratégie est tributaire de l’observation de la réalité de la lecture et des attentes des citoyens par le biais d’une étude de terrain sérieuse, et de l’actualisation de la législation et des lois relatives au livre et aux bibliothèques publiques. Ils ont préconisé, dans ce cadre, la création d’une haute instance pour la lecture publique et les bibliothèques, l’élargissement du rôle de la bibliothèque, l’appui aux expositions bibliothécaires et la numérisation du livre marocain.
L’atelier de créativité et de traduction a, pour sa part, émis des recommandations portant sur la promotion de la création marocaine (impliquer les créateurs marocains dans les structures du Conseil national des langues et de la culture marocaine), outre l’institutionnalisation de la traduction et sa promotion (création d’un organe supérieur de la traduction et élaboration de textes juridiques réglementant la traduction). L’atelier de la culture et des médias a appelé à réfléchir à un certain nombre de pistes pour renforcer la présence de la culture dans les médias, accroître l’intérêt porté au produit culturel au niveau régional, encourager la presse culturelle amazighe et promouvoir la presse électronique.
 Les participants à l’atelier de la pensée et des valeurs ont exhorté les intellectuels à faire en sorte que l’esprit d’ouverture soit au centre la culture marocaine en tant que «vision rationnelle et critique de la vie et résistant à l’imitation et à l’irrationalité», et à promouvoir la culture de l’initiative, de l’action, du mérite, du respect, de la reconnaissance et de la non-violence.

(MAP)

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