Le rouge a-t-il bien épousé le «vert» ? Apparemment, c’est le cas. Marrakech, jusqu’à présent, assure bien cette alliance : éclairage public à l’énergie solaire, plantes et fleurs, mosquées labélisées « vert », bus municipaux fonctionnant à l’électricité, vélos en accès libre, telle est Marrakech en ces jours de la COP22.Il est à dire qu’en l’espace de quelques mois seulement, la ville rouge s’est transformée en chantre de l’économie d’énergie. Ce n’est plus un secret pour personne, la ville rouge a déployé tous les moyens pour réussir la COP22. Néanmoins, qu’en est-il de la satisfaction du COPiste quant à l’organisation de cet événement historique ?
La COP22 oblige ! Marrakech, se montre sous ses plus beaux atours écologiques par ses initiatives en vue d protéger l’environnement et lutter contre le changement climatique. A première vue, la propreté. La ville rouge a opéré une véritable toilette verte pour bien accueillir la COP22. Plantes et fleurs au milieu des boulevards éclairés à base de l’énergie solaire, jardins rénovés, lampadaires LED… La ville ocre se veut une vitrine moderne et co-responsable porteuse d’un message clair du développement durable. Si le vert est la couleur du développement durable, c’est aussi celle de l’Islam. Marrakech dispose désormais de «mosquées vertes», visant à réduire la facture énergétique de ces constructions et à améliorer le confort des fidèles. Des panneaux photovoltaïques ont été placés sur les toits de ces édifices. Comme pour rappeler que la religion prône la préservation de la nature et que l’Islam a une dimension écologique indéniable.Et dans ce sens, il est à noter que dans le droit musulman, et comme le rappellent plusieurs spécialistes, il existe au Maroc une institution qui fut jadis exploitée pour la protection de l’environnement et qui a cessé aujourd’hui de l’être à savoir : le ministère des Habous.
La mobilité électrique est également à la Une! Au milieu des calèches et des taxis beiges customisés et mis aux couleurs de la COP22, les bus électriques et les vélos en libre-service circulent. Une trentaine de bus à haut niveau de service (BHNS) d’origine chinoise et 100 % électriques,assurent le transport des Marrakechis et de leurs invités. Une flotte qui continuera de rouler après la COP22. Et en parlant des premiers bus électriques «made in Morrocco», leur fabrique débutera courant 2017, en partenariat avec une entreprise chinoise Yangtse, la Banque Centrale Populaire (BCP) et la Société d’Investissements Energétiques (SIE). Ces bus électriques ont maintenu le même prix de voyage des autres bus ordinaires, soit 4 DH. Ils proposent également des cartes d’abonnement, une formule qui réduit le prix d’un seul voyage d’un dirham. «Nous sommes heureux de la mise en place de ce moyen de transport. Il est pratique, confortable et accessible. De plus, il embellit notre ville», nous commente une quarantenaire marrakechie.
Dans le même contexte, le vélo à assistance électrique est la nouvelle star de la mobilité urbaine à Marrakech. Économiques et non-polluants, les tant attendus vélos en libre-service sont officiellement opérationnels depuis le 7 novembre dernier. Baptisé «Medina Bike», ce mode de transport innovant permet une consommation collaborative en levant trois freins à la pratique du vélo : le stationnement à domicile, le vol et la maintenance de son vélo personnel. Remportant l’appel d’offre lancée par l’ONUDI, la société montpelliéraine Smoove a doté la perle du sud de 300 vélos, répartis sur une dizaine de stations. Combien ça coûte ? Medina Bike propose trois formules d’abonnement : unforfait pour une journée à 50 DH ou pour une semaine à 150 DH ou pour une année à 500 DH. Le plus : Medina bike vous offre votre première demi-heure mais une majoration de 10 DH est ajoutée pour chaque demi-heure additionnelle.Pour activer son forfait, il suffit de souscrire à l’abonnement de votre choix via le site Medina Bike. Le paiement s’effectue, ainsi, en ligne.Après validation de la commande, un code à sept chiffres vous sera envoyé par e-mail, code indispensable pour accéder au vélo ! Le service, inauguré lors de la COP22, s’inscrit dans la pérennité avec un contrat renouvelable d’une durée initiale de cinq ans.
Malgré la multitude des moyens de transports, le COPiste est ravi de trouver une navette près de son hôtel. Tous les 15 minutes à peu près, une dizaine d’autocars font les allers-retours entre le centre-ville et Bab Ighli,. En arrivant sur le site, le COPiste se sent davantage en sécurité: camion de la sûreté nationale devant la porte, patrouilles de police en quad, voiture de la police scientifique. Notons que quelque 120 000 policiers et gendarmes, 250 motards, trois hélicoptères et une centaine de véhicules ont été mobilisés pour mener à bien cette COP22 et assurer la sécurité de la ville.
Place maintenant à la « zone bleue », celle où se dérouleront les négociations, lieu de l’accouchement de l’action. Placée sous l’autorité des Nations Unies, les COPistes, de toutes les nationalités et les couleurs, doivent se plier aux contrôles, semblable à ceux d’un aéroport. Le système de délivrance des badges est bien rodé. Muni de son indispensable sésame, le COPiste peut entrer et parcourir l’allée principale sous une canopée de 800 mètres qui rappelle les tentes traditionnelles. Dans cette zone, on trouve des salles plénières, de conférences et réunions, des espaces de débats et d’expositions ou encore des restaurants ; le tout en bois, évidemment.
Du côté du manger, le COPiste doit avoir un porte-monnaie bien rempli et grand à l’image de l’événement qui l’accueille, pour se permettre les restaurants écologiques de BabIghli….Rien que la petite bouteille d’eau coûte 15 DH et le sandwich 75 DH !
En face de la «zone bleue», une «zone verte» est consacrée au rassemblement de la société civile, des entreprises et des autres acteurs non étatiques.
Le COPiste journaliste dispose d’un «media center» comprenant deux grands espaces équipés en fonction du type de média. Le premier espace, dédié aux médias audiovisuels, comprend des cabines de diffusion et de récupération du signal des différentes caméras du site, des canaux audio avec traduction simultanée, des postes de travail ouverts et une zone de 100 bureaux d’écriture. Le deuxième, dédié à la presse écrite, se compose de 500 bureaux de rédaction. Les salles de conférence plénières et de presse sont toutes accessibles à pied depuis le centre des médias, et la majorité des événements de la «zone bleue» sont retransmis en direct sur la web TV de la CCNUCC. Toutefois, le journaliste peut rater facilement une conférence faute de d’absence de la communication de la part des responsables presse.
A vrai dire, il est encore tôt de se prononcer sur la satisfaction des participants et la réussite de la COP22. La réponse nous sera livrée dans et par les jours qui viennent !
KaoutarKhennach