Un rôle incontournable!

Autrefois, la question de l’environnement était considérée comme  un sujet futile, voire  banale, reléguée au second plan et au débat de salon.  Les scientifiques qui s’intéressaient à cette problématique ont été souvent  taxés par leurs compères «d’intellectuels exhibitionnistes». Le même constat peut être transposé sur l’univers associatif et partisan.

L’action militante était axée principalement sur des thématiques relatives aux questions constitutionnelles, économiques, sociales, à la nature du régime politique, bref, à la démocratie dans le sens le plus étroit du terme.

Idem pour les partis politiques dont les programmes ne contenait que de façon accessoire des insinuations quant aux dangers et aux risques de la dégradation de l’environnement.

Il fallait donc attendre les années 70 pour assister à l’émergence des ONG’s mettant en garde contre la destruction sauvage de la planète bleue à cause de la cupidité inassouvie d’un capitalisme sauvage en quête uniquement du profit.

Au début des années 2000, une nouvelle conscience commencera à s’installer. Devant le flux d’informations avérées sur le danger des changements climatiques et l’insistance de certaines ONG, la question de l’environnement a envahi l’espace publique et l’Etat était dans l’obligation d’inscrire son action dans l’air du temps en renforçant son arsenal juridique.

Evidemment, l’action de l’Etat a été dictée par la pression des mouvements de contestations populaires et des associations de la société civile. Il ne se passait pas une semaine, notamment dans les pays industrialisés, sans qu’une manifestation se déclenche pour protester contre la dégradation de la biosphère.

Au Maroc, la société civile n’a pas été en reste. Mais il faut reconnaître aussi que l’Etat était à l’écoute et les contestations qu’a vécues le Maroc à l’occasion de l’affaire de l’importation des déchets italiens en est la preuve.  Certes les efforts déployés par l’Etat sont méritoires, mais cela n’est nullement suffisant. Comme le souligne le militant associatif, Kamal Lahbib, «le problème du climat n’est pas un problème qui relève d’une gestion purement techniciste, c’est aussi un problème économique et politique». Et de souligner que «la société civile a un rôle crucial et doit être considéré comme un acteur incontournable dans l’élaboration des politiques publiques».

Khalid Darfaf

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