L’ONU plaide pour un «plan mondial de vaccination»

Pour venir à bout de la Covid-19

Le Secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, a plaidé, mercredi devant le Conseil de sécurité, pour un “plan mondial de vaccination” afin de vaincre la pandémie du Covid-19, estimant que l’équité en matière d’accès aux vaccins constitue aujourd’hui “le plus grand test moral” devant la communauté internationale.

“Le monde a un besoin urgent d’un plan mondial de vaccination pour rassembler tous ceux qui ont la puissance, l’expertise scientifique et les capacités de production et financières requises”, a déclaré M. Guterres lors d’une réunion du Conseil consacrée à la mise en œuvre de la résolution 2532 (2020) sur la cessation des hostilités mondiales pour faire face à la Covid-19.

Le chef de l’ONU a estimé que le G20, qui regroupe les plus grandes économies mondiales, est “bien placé” pour créer un groupe de travail d’urgence chargé de préparer un tel plan mondial de vaccination et de coordonner sa mise en œuvre et son financement.

“Ce groupe de travail devrait inclure tous les pays dans lesquels il existe une capacité de développer des vaccins ou de les produire si des licences sont disponibles, en plus de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), d’autres organisations techniques compétentes et les institutions financières internationales”, a-t-il plaidé lors de cette rencontre virtuelle marquée par la participation d’une dizaine de ministres des Affaires étrangères des pays membres du Conseil de sécurité, dont les chefs de la diplomatie américaine, britannique et chinoise.

Pour le Secrétaire général, le groupe de travail aura la capacité de mobiliser les sociétés pharmaceutiques et les principaux acteurs de l’industrie et de la logistique, soulignant que le déploiement des vaccins Covid-19 suscite de l’espoir et que la communauté internationale doit faire en sorte que “tout le monde, partout, puisse être vacciné le plus rapidement possible”.

Le chef de l’ONU a déploré que les progrès en matière de vaccination ont été “extrêmement inégaux et injustes”. “Dix pays seulement ont administré 75% de tous les vaccins Covid-19 disponibles (dans le monde). Pendant ce temps, plus de 130 pays n’ont pas reçu une seule dose”, a-t-il regretté.

Les personnes touchées par les conflits et l’insécurité courent un risque particulier d’être laissées pour compte, s’est inquiété M. Guterres.

“Lorsque la pandémie frappe, nous ne sommes en sécurité que si tout le monde est en sécurité. Si le virus venait à se propager comme une traînée de poudre dans les pays du Sud, il risque de muter encore et encore. De nouvelles variantes pourraient devenir plus transmissibles, plus mortelles et, potentiellement, menacer l’efficacité des vaccins et des diagnostics actuels”, a-t-il mis en garde.

“Cela peut prolonger considérablement la pandémie, permettant au virus de revenir pour frapper de plein fouet les pays du Nord. Cela retardera également la reprise économique mondiale”, a encore averti le Secrétaire général de l’ONU.

De son côté, le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab, dont le pays préside le Conseil de sécurité pour le mois de février, a indiqué que la Grande Bretagne va soumettre aux membres du Conseil un projet de résolution pour instaurer des cessez-le-feu temporaires dans les zones de conflit dans le monde et une action coordonnée pour un accès équitable aux vaccins contre la Covid-19.

Pour M. Raab, les membres du Conseil ont une “obligation morale” de protéger les plus vulnérables du virus. Il a aussi rappelé que le Royaume-Uni a déjà fourni 548 millions de pounds pour aider les pays en développement à accéder aux vaccins par le biais du mécanisme COVAX, qui vise à fournir au moins deux milliards de doses de vaccins homologués contre la Covid-19 d’ici à la fin de l’année 2021.

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