Botola de l’instabilité technique

Une nouvelle page de la Botola s’est tournée, au début de la semaine écoulée, avec le remerciement de deux entraineurs en même temps. L’Espagnol Juan Carlos Garrido du Raja Casablanca et Amine Benhachem de l’Olympique Khouribga ont été contraints de rendre le tablier suite à une série de résultats négatifs que lesdits clubs n’ont pas pu supporter après la fin de la première partie de la Botola.

Garrido et Benhachem sont les derniers, pour le moment, ayant faire leurs adieux après tant de coaches des clubs du WAC, IRT, DHJ, RCOZ, CRA, AS FAR, et KACM. Ce qui porte le nombre des clubs ayant remercié leurs entraineurs à plus de la moitié de la Botola. Ils sont 9 clubs contre 7 ayant maintenu leurs techniciens à savoir le HUSA, CAYB, RSB, MAT, MCO et FUS. Ce dernier qui semble le plus stable des clubs a maintenu son coach, Walid Regragui, depuis son arrivée lors de la saison 2013-2014 jusqu’à aujourd’hui avec la distinction de deux titres remportés, Botola (2016) et Coupe du Trône (2014).

Mais Regragui qui s’est recyclé en entraineur après une carrière de joueur internationale réussie et achevée en apothéose avec les Lions de l’Atlas finalistes de la CAN 2004 remportée par la Tunisie sur son sol (2-1), risque d’être le prochain coach de la Botola à quitter son poste si jamais le FUS ne retrouve pas les bons rails. Car Regragui qui a souvent fait le show, tout en défendant la gouvernance de son club, s’est récemment retrouvé dans l’impasse et risque de pays chers ses déclarations fracassantes.

Après une nouvelle défaite face à l’IR Tanger (0-2), Regragui n’a pas mâché ses mots quand il a écarté son équipe préférée de la course au titre, l’a qualifiant ainsi de petit club devant le WAC et le Raja pour ne citer que ces grandes formations casablancaises ayant les moyens nécessaires de jouer pour les titres. Et pourtant, Regragui devra s’estimer heureux d’être loin de toute pression chez le FUS, contrairement à d’autres tels Garrido du Raja qui venait de jeter l’éponge suite à un court passage à vide en Botola et une défaite à domicile en Coupe arabe alors que le coach espagnol a un bilan positif avec 2 sacres en autant de saisons, la Coupe de la CAF après le Trophée du Trône. Cela en plus d’un parcours satisfaisant en Botola malgré la crise financière dont a souffert énormément le club des Verts.

Quoi qu‘il en arrive, ce n’est absolument pas le moment opportun de changer un coach par un club qui a plusieurs engagements. Le Raja qui n’est pas encore éliminé en Coupe arabe, malgré la défaite à domicile, vient tout juste de commencer la phase de poules de la Coupe africaine de la CAF tout en s’apprêtant à disputer la seconde partie «retour» de la Botola en attendant de reprendre la nouvelle édition de la Coupe du Trône. Le Raja qui aurait du au moins attendre jusqu’à juin prochain, date de la fin de son contrat avec Garrido, risque de continuer dans son passage à vide avec son nouvel entraineur, le Français  Patrice Carteron venu pour une durée renouvelable d’un an.

L’atterrissage du coach français au Raja vient après son remerciement par Al-Ahly d’Egypte, il y a deux mois, au lendemain de la finale perdue de la Ligue des champions face à l’Espérance de Tunis. Le Raja espère tirer profit de l’expérience du coach Breton qui avait mené les Congolais du TP Mazembe  vers le sacre en Ligue des Champions d’Afrique 2015.

On se demande si Carteron peut réussir avec le Raja appelé à défendre son titre continental. Il se peut aussi que les choses ne tournent pas vers le bon sens notamment dans notre Botola qui reste techniquement instable pour cause de ses clubs changeant d’entraineurs comme ils changent de chemises. Il y a même des clubs sollicitant plusieurs coaches en une seule saison à l’image du WAC qui a recruté pas moins de 6 entraineurs en moins d’une année depuis le départ de Houssine Amouta à l’aube de l’année 2018 en passant par le Tunisien Fouzi Benzarti puis Abdelhadi Skitioui qui n’a duré que le temps de quelques rencontres, les Français Noël Tozi avec seulement 2 matches et René Girard durant un mois jusqu’au retour de Benzarti 2 en novembre dernier en compagnie de Moussa N’Daw, qui avait, entre temps, pris seul les destinées techniques de son ancienne équipe pendant 4 à 5 matches…

Voilà en somme la situation des coaches d’une Botola dite professionnelle mais qui reste techniquement instable. Il suffit de dire que tout au long de 2 décennies et jusqu’à nos jours, aucun club n’a pu remporter le titre national deux fois successive, exception faite pour le Hassania Agadir qui avait eu cette distinction à l’aube de l’an 2000. On se demande donc comment le champion du Maroc peut être stable techniquement et au niveau des résultats, du moins pour tenir bon dans d’autres rendez-vous aux échelons continentaux et internationaux.

Et dire que notre Botola est choisie meilleure d’Afrique…

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