Les boulangers-pâtissiers subissent la hausse du prix du beurre

Les boulangers marocains sont désormais inquiets face à l’envolée des prix du beurre à l’international. La hausse est spectaculaire ! En une année, le prix du beurre industriel a connu une hausse de plus de 110%. C’est la réalité à laquelle les industriels du secteur de la boulangerie, pâtisserie et viennoiserie sont confrontés aujourd’hui. Alors que le prix du beurre flambe, allez-vous payer plus cher vos viennoiseries? La question se pose!

De plus en plus rare, le beurre voit son prix s’élever. En effet, les producteurs laitiers connaissent une crise depuis plus de deux ans: le  coût de production supérieur au prix de vente. Une situation critique qui s’explique d’abord par un recul de la collecte laitière à cause des conditions météorologiques nuisibles aux fourrages dans les principaux pays producteurs de beurre tels les Etats-Unis, la Nouvelle Zélande, l’Allemagne.  Il y a moins de lait pour faire du beurre, alors que dans le même temps, la demande de beurre s’envole en Europe et aux États-Unis et aussi de la part des pays émergents.

«Nous avons passé notre dernière commande de beurre de la Nouvelle Zélande à 105 DH/Kg, après des négociations. Alors qu’auparavant, le prix ne dépassait pas les 50 DH/Kg», nous confie les responsables d’une grande enseigne marocaine. Et de poursuivre : «Nous sommes très connus par la qualité de l’ensemble de nos produits. Nous refusons, donc, de préparer nos recettes avec de la margarine et du beurre de mauvaise qualité». Un autre confrère casablancais commente, désabusé, la hausse du prix du beurre : «On la subit de plein fouet». Cela concerne surtout les croissants, qu’il vend à 3,5 DH. Il faut dire que ses viennoiseries ont besoin de beaucoup de cette précieuse matière grasse. Les deux acteurs nous ont confirmé que la hausse du prix du beurre impacte leurs marges et s’attendent à une baisse des chiffres de leurs activités en 2017, à moins que le mois de décembre sauve la situation. En effet, ce mois marque la haute saison des ventes à l’occasion de la fête de fin d’année.

La situation jusqu’à maintenant n’est pas tendue partout. D’autres marques ont opté pour l’Irlande afin d’approvisionner leurs stocks à des prix raisonnables.

Toutefois, la hausse des prix du beurre demeure un vrai sujet pour l’ensemble des boulangeries qui devront sans doute augmenter leurs tarifs si les prix mondiaux de la matière grasse continuent à flamber. «C’est la seule solution pour pérenniser la viabilité de notre activité, touchée de plein fouet par ce phénomène. D’autant plus que certains des produits de ces industriels sont composés de plus de 25% de beurre», avertit les professionnels du secteur. Et de poursuivre : «Cependant, nous souhaitons que le marché se stabilise pour pouvoir garder nos prix et conserver nos marges afin d’assurer le plus important, à savoir : fidéliser nos clients en leur proposant des produits de qualité». Justement, les marocains se veulent de gros consommateurs de viennoiseries et de friandises et n’accepteraient en aucun cas une hausse de prix en ce sens.

Kaoutar Khennach

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