Colloque scientifique de la Fondation Ali Yata

«Les disparités spatiales et le sentiment national marocain»

La fondation Ali Yata organise ce samedi 28 octobre 2017 à Rabat une rencontre scientifique sur un des thèmes d’actualité les plus débattus : «Les disparités spatiales et le sentiment national marocain», avec la participation d’éminents chercheurs et intellectuels représentants divers horizons de la pensée et de la recherche scientifique. Cette rencontre aura lieu à la salle des conférences de la Bibliothèque nationale du Royaume à Rabat.

Note de présentation

Tout au long de l’histoire du Maroc, unissait les Marocains l’appartenance à la même foi, appuyée par le pouvoir de l’Imam que matérialise Imarat Al Mouminine (commanderie des croyants). Cette dimension politico-religieuse était liée à l’Ijtihad du Fiqh, fondé dans l’ensemble sur le rite malékite, qui a contribué pour sa part à la naissance d’un sentiment d’une sorte d’harmonie et d’un réseau «virtuel» de la nation dans son sens «laïc» civil, qui s’ajoute à son acception religieuse. Pour sa part, la résistance à l’intrus étranger et aux tentatives de domination ibérique et turco-ottomane, aux 16e et 17e  siècle, a renforcé davantage ce sentiment.

Il en est aussi de la résistance aux tentatives colonialistes franco-espagnoles depuis la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle, qui n’a fait que renforcer davantage ce sentiment. L’élément économique n’est pas en reste dans tout cela, puisque les échanges commerciaux au Maroc avant l’époque capitaliste jouaient un rôle fondamental dans le rapprochement entre les Marocains, en dépit des différences ethniques, culturelles, régionales et linguistiques qui existent entre eux. Tout cela a constitué une sorte de noyau pour la naissance du sentiment national et nationaliste.

L’intervention colonialiste franco-espagnole précitée a abouti au morcellement du territoire national en trois zones principales : la zone internationale de Tanger et son Fahs, la zone soumise au protectorat espagnol dans l’extrême nord du pays et dans son Sud-Ouest (Tarfaya, Sidi Ifni, Saqia Hamra et région Dakhla-Oued Dahab) et enfin, la zone placée sous protectorat français. Il en a résulté aussi une différenciation administrative et surtout une domination des modes de production capitalistes avec lesquels l’économie fondée sur la monnaie dominait toutes les sphères de la vie quotidienne.

Avec l’incapacité de notre outil actuel de production d’assurer des opportunités de travail à tous ceux qui désirent obtenir un emploi qui préserve leur dignité et leur garantit une vie décente, la différenciation spatiale héritée de l’époque coloniale a commencé à s’aggraver plus qu’avant. La réalité économique héritée de l’époque coloniale, et qui s’impose, distingue entre «un Maroc utile», auquel sont consacrés tous les efforts de fructification et d’investissement et  un Maroc inutile» qui ne bénéficie pas du même intérêt, ce qui a fait de lui la plupart du temps un simple «réservoir» de main d’œuvre, qui doit émigrer soit vers les grandes villes et en particulier, les villes côtières dans «le Maroc utile» ou à l’étranger, mais cette exode interne et cette émigration vers l’étranger ne peuvent résoudre à elles seules le problème, ce qui a conduit à approfondir le sentiment de «la Hogra», de la frustration voire de la haine. Ce qui aboutit aussi à l’exacerbation des comportements d’animosité qui mélangent entre les causes de la situation réelle et des groupes humains précis.

L’objectif de ce colloque vise donc à diagnostiquer la problématique «des disparités spatiales et le sentiment national» à travers une approche à quatre dimensions qui analyse le sujet du coté historique, spatial, économique et social.

Participeront donc à ce colloque un historien, un spécialiste dans le domaine régional, un chercheur en économie et un sociologue. Chacun d’eux présentera dans son domaine de compétence des propositions visant la réforme de la situation actuelle ou du moins des orientations qui profiteront aux pays et à ses habitants.

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