Des vétérans et des combattants pour la liberté et la démocratie

L’Histoire du Parti communiste marocain est jalonnée d’héroïsme et d’actes militants de haute teneur. En vrac nous pouvons citer des noms mais la liste ne sera jamais exhaustive. Bien des dirigeants de premier plan nous ont quittés. D’aucuns ont subi l’usure de l’oubli. Hélas, pour de nombreux combattants de la liberté et de la démocratie, aucun lien photographique ne les a retenus en image, à part celle qu’ils ont laissé dans les cœurs et les âmes des Marocaines et des Marocains qui les ont côtoyés. Et, à titre purement indicatif et sans aucun choix que celui de l’existant, ici et maintenant, nous reproduirons quelques noms qui ont marqué notre histoire militante qui se poursuit, aujourd’hui comme hier, sous le sceau du «SERIEUX» (Al Maâkoul), totalement dédiée à la Patrie et aux populations les plus démunies de ce pays… pour dire que le combat d’hier se poursuit aujourd’hui, avec les mêmes idéaux de justice et de démocratie, au service de la patrie et de ses progrès sur tous les plans.Militants d’hier et d’aujourd’huiIls ont servi la patrie, le peuple et le Parti

Une cérémonie en hommage au camarade feu Kacem El Ghazoui

Un riche parcours militant

Le Bureau politique du Parti du progrès et du socialisme organise, samedi 7 décembre 2019, à partir de 15H00 au siège national du parti à Rabat, une cérémonie en hommage au regretté défunt le camarade Kacem El Ghazoui, que Dieu l’ait en sa miséricorde, décédé le 9 octobre dernier.

Le regretté défunt qui était membre du Conseil de la présidence du parti jusqu’à sa mort, avait occupé, depuis le début des années 70 du siècle dernier, des responsabilités dans la direction du parti du progrès et du socialisme, au Comité central et au Bureau politique, en sus de ses responsabilités politiques locales et provinciales au niveau de la province de Sidi Kacem et de la région de Had Kourt.

Le parcours militant du défunt Kacem El Ghazoui a été lié au parcours de lutte du Parti du progrès et du socialisme. Partant de considérations de principe, le défunt avait opté très tôt pour le combat institutionnel et la gestion des affaires locales. C’est ainsi qu’il avait occupé la responsabilité de membre du conseil de la commune de Had Kourt depuis 1976. En 1992, il avait été élu président de la commune de Moulay Abdelkader, poste où il a été reconduit jusqu’en 2015, bénéficiant d’un soutien sans égal de la part des citoyennes et citoyens de cette région. Il a été élu aussi membre de la Chambre des Conseillers.

Le défunt était en outre connu de tous pour avoir porté de manière forte la question du développement rural ainsi que les préoccupations, les douleurs et les espoirs des petits agriculteurs, en particulier, et des pauvres et des démunis, en général.

Plusieurs acquis et succès ont été réalisés grâce à ses multiples actions et activités, qui touchaient à tous les domaines, dont la construction d’un complexe socioculturel et de la maison de la ville pour mettre fin à l’exclusion et à la marginalisation de la femme rurale dans la région.

Tout en rendant hommage au défunt et à son riche parcours militant distingué, le parti du progrès et du socialisme se remémore aussi les qualités individuelles de feu El Ghazoui dont les empreintes resteront à jamais indélébiles dans la mémoire. Il était l’exemple de la générosité, de la bravoure, de la sincérité, de la droiture, de l’engagement, de l’hospitalité, du dévouement, de la loyauté, de l’écoute, de la noblesse humaine, de la tolérance, de l’acceptation d’autrui, de l’optimisme et de la philanthropie.

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Maati Yousfi, le symbole de la paysannerie pauvre

Parmi les dirigeants historiques du Parti, Maâti Yousfi est une figure de proue. Il fût le «sage» du PCM auquel il adhéra très tôt, en 1945 juste après Ali Yata et Abdeslam Bourquia.

Paysan, il était le symbole de la paysannerie pauvre au sein du PCM, du PLS et du PPS. Né en 1903, il décéda, aveugle, au début des années 1990,  après un combat inlassable pour les démunis de la terre.

Selon Albert Ayache, Maâti Yousfi s’était lié d’amitié avec un ancien dirigeant du Comité central du PCM Marcel Lamoureux, avec lequel il fut accusé par les autorités coloniales, en même temps que le camarade Ahmed Ben Mahdi également mebre du CC depuis 1946, d’avoir incendié de récoltes en 1947. Yousfi a subi les affres de la répression coloniale. Il a été arrêté et fortement torturé en 1951.

Ayache écrit encore : «il était de toutes les délégations auprès des autorités, de toutes les réunions et assemblées dans le Tadla, de même qu’il participait aux instances dirigeantes du Parti communiste à Casablanca dont il était membre du comité central depuis 1945».

Yousfi El Maati «avait déjà été, à plusieurs reprises, arrêté et condamné de manière expéditive par les tribunaux de pachas ou de caïds. Ainsi en décembre 1948 à Meknès». Il connaîtra feu Abderrahim Bouabid dans la prison de Ghbila à Casablanca, tous deux victimes de la répression des autorités d’occupation coloniale, à côté de Lamoureux, également emprisonné puis expulsé vers la France en 1953.

Et de poursuivre : «Par son langage imagé qui rendait sensibles à ses auditeurs les notions difficiles d’exploitation, de colonialisme, et la charge d’espoir que, selon lui, portait le communisme, Yousfi avait une grande audience parmi les ruraux».

L’historien français donne quelques chiffres. « En février 1947, en sept jours et au cours de huit meetings, 45000 fellahs accoururent pour les entendre en compagnie d’Ali Yata venu de Casablanca. Ils étaient 15 000 à Béni Amir, 5 000 à Béni Mellal. Là encore, Ali Yata et El Mahdi furent arrêtés pour vérification d’identité. Mais les assistants attendirent -refusant de bouger – et firent une ovation aux deux orateurs à leur sortie du bureau des Affaires Indigènes. C’en était évidemment trop».

Selon A. Ayache, Lamoureux qui était «Secrétaire régional du Parti communiste au Tadla», qui «encouragea la nomination, au secrétariat du Parti, d’Abdeslam Bourquia, interprète à la Conservation foncière de Kasbah Tadla, qui avait fait en 1942 la connaissance des trois amis : Plateau, Lamoureux, Paumard, et avait adhéré au mouvement «Libération». La marocanisation rapide du parti était un de ses objectifs».

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