DPI confirme ses ambitions marocaines

Developement Partners International, fonds d’investissement basé à Londres, fait de nouveau parler de lui. Après une année 2018 où il a réalisé quasiment coup sur coup deux jolies opérations, la première en mettant la main sur 80% de CMGP, la seconde en acquérant 20% de Uni Confort Maroc Dolidol, le voilà près à faire feu de tout bois pour asseoir ses ambitions.

Aujourd’hui, DPI serait à la veille d’une nouvelle acquisition pour une enveloppe de 500 millions de dirhams. La cible: une PME fournissant des solutions et services pour l’agriculture.

DPI est arrivé au Maroc en 2011 à travers une première opération dans OSEAD (maison mère de Compagnie Minière de Touissit) dont il est sorti en 2017. En 2012, il intègre le tour de table de Touax Africa, une structure créée par le leader français de la construction modulaire dont le premier fait d’armes avait été l’acquisition de son homologue marocain Sacmi.DPI a également pris une participation minoritaire dans l’Université privée de Marrakech en 2013 à hauteur de 20 millions de dollars.

Le fonds a attendu quasiment 5 ans avant de se lancer dans une nouvelle aventure marocaine. Il a redémarré en 2018 avec un ticket de 100 millions de dollars dans CMGP, (compagnie marocaine de goutte à goutte et de pompage), leader du royaume sur le marché de l’irrigation, en rachetant les parts de la famille Moamah et d’Amethis Maghreb Fund I. Quelques semaines plus tard, ce fût au tour d’Uniconfort Maroc avec une entrée dans le tour de table à hauteur de 20% avec 300 millions de dirhams.

D’ailleurs 2018 a été une année record au Maroc dans le capital investissement avec un montant total des levées de fonds de 1,681 milliard, dont 508 millions de dirhams de fonds marocains et 1,173 milliard de fonds transrégionaux, soit une augmentation de près de 28% par rapport à 2017.

DPI a été créé en 2007 par Miles Morland, fondateur dans les années 90 de Blakeney, l’un des tous premiers gestionnaires d’actifs investissant sur les Bourses africaines, et Runa Alam, une pionnière du privateequity en Afrique venue notamment d’Emerging Markets Partnership (aujourd’hui ECP) et de Kingzom Zephyr Africa Management. L’équipe est aujourd’hui constituée de plus d’une dizaine d’investisseurs. Aujourd’hui, le fonds gère 1,5 milliard de dollars d’actifs, misant en priorité sur des secteurs d’activité qui bénéficient de la croissance de la classe moyenne africaine, notamment les services financiers, l’éducation, la construction, la logistique, les télécoms, les biens de consommation, la pharmacie, la santé, l’agroalimentaire ou la distribution.

Le ticket moyen par opération est généralement compris entre 40 et 100 millions de dollars. Le fonds de privateequity londonien, en plus de l’apport financier, collabore étroitement avec le management de ses participations afin de créer de la valeur en apportant de l’expertise sur les aspects de croissance externe, de joint-venture, d’IPO, de gouvernance d’entreprise…DPI  a également investi 100 millions de dollars (85,2 millions d’euros) en Côte d’Ivoire en septembre 2016, dans Atlantic Business International, holding détenu par le marocain Banque populaire et l’ivoirien Atlantic Financial Group (AFG).

À date d’aujourd’hui, il a pris part au capital d’une vingtaine de grosses PME et groupes opérant sur 29 pays africains.

Soumayya Douieb

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