Le géant saoudien Acwa Power fait encore parler de lui

A l’occasion de l’inauguration en grande pompe de son nouveau siège à Rabat, le top management du groupe a fait le déplacement au Maroc. S’il n’y avait pas cette fois-ci d’annonce concernant la signature d’un nouveau contrat, Mohamed Abunayyan, le PDG d’Acwa Power n’a pas omis de rappeler combien le groupe est engagé au Maroc et qu’il compte y reste encore pour de nombreuses années. Retour sur une ascension aussi rapide qu’inattendue.

«Il n’y pas de limite à nos investissements au Maroc!». C’est en ces termes, repris par l’essentiel de la presse nationale, que Mohammed A. Abunayyan, chairman du Groupe saoudien Acwa Power, a évoqué les perspectives de développement d’Acwa Power au Maroc. Les termes sont forts. Et pour cause Acwa Power, géant mondial saoudien de l’énergie, co-actionnaire aux côtés de Masen et exploitant de la station solaire Noor, fête aujourd’hui ses 5 ans de présence dans le Royaume et veut manifestement marquer le coup.

Il faut dire que depuis son arrivée au Maroc en 2012, ce dernier a tout raflé sur son passage : Noor I, Noor II, Noor III, Noor PVI, sans oublier le parc éolien de Khalladi situé dans la région de Tanger. En tout , ce sont plus de  3,5 milliards de dollars US d’investissement qui ont été mobilisés par Acwa Power au Maroc.

Aujourd’hui, c’est non sans fierté qu’Acwa Power dévoile le calendrier de lancement de sesdifférents projets :Noor II serait probablement opérationnel vers fin mars prochain,Noor III est prévu pour fin 2018 et le parc éolien devrait lui aussi être livré en mars 2018. Quant au dernier contrat remporté, à savoir les centralesNoorPV I  basé sur la technologie photovoltaïque, le chantier devrait démarrer au plus tard à la fin du premier semestre 2018.

Si la cadence des contrats remportés par le groupe saoudien peut en étonner plus d’un, il faut savoir que depuis sa création Acwa Power s’est développé à un rythme de croissxance soutenue, presque sans jamais sourciller.

À fin 2016, Acwa Power gère 32 centrales réparties sur plusieurs pays en Afrique, en Asie et en Europe, totalisant une capacité de production électrique de 22 GW, pour un investissement global du groupe s’élève à 30,5 milliards de dollars !

Le rapide développement à l’international d’Acwa Power

C’est en 2002 que le gouvernement du Royaume d’Arabie saoudite a décidé d’accroître le rôle joué par le secteur privé dans l’économie saoudienne en ouvrant la production d’électricité et d’eau dessalée au secteur privé. Dans la foulée, ACWA Holding (représentant de Abunayyan Trading Company et Abdulkadir Al Muhaidib & Sons Co.) ainsi que le Groupe MADA pour le développement industriel et commercial (MADA Group) ont créé en 2004 une joint-venture appelée alors ACWA Power Projects en 2004. C’est là la base de ce qui deviendra Acwa Power, telle qu’on la connaît actuellement, et qui a elle en réalité été fondée en 2008.

Depuis le début donc, Acwa Power a pour objet le développement de centrales conventionnelles et renouvelables, ainsi que des projets de dessalement d’eau et d’usines à vapeur. Après avoir décroché ses premiers contrats en Arabie Saoudite, elle a connu un développement rapide grâce à des prix soutenus par des fonds saoudiens négociés à des tarifs avantageux auprès de riches bailleurs de ce pays.Aujourd’hui, AcwaPower possède un portefeuille diversifié de 41 actifs dans 10 pays dont notamment le sultanat d’Oman, le royaume de Jordanie, la Turquie, la Bulgarie, l’Afrique du sud et le Maroc. En Afrique du Sud par exemple, le groupe saoudien développe la centrale solaire de Redstone (100 MW, d’un coût de 749 millions de dollars). Au total, son portefeuille représente désormais plus de 23 GW de projets électriques et 2,5 millions de mètres cubes d’eau désalinisée par jour à travers le monde. Ses principaux actionnaires sont la Public Pensions Agency saoudienne et Sanabil Direct Investment Company (détenu par le fonds de pension public saoudien) et aussi la SFI –Société Financière internationales-, filiale de la banque mondiale, détient 5 % du capital.

Dernier coup d’éclat du géant saoudien : Dubaï. En juillet dernier, Acwa Power International a remporté un projet de 200 MW. En effet, selon le PDG d’ACWA Power International, Paddy Padmanathan, qui s’exprimait dans une interview accordée à un journal londonien, son entreprise a été le moins-disant parmi les soumissionnaires au projet d’un milliard de dollars (environ 10 MMDH) qui alimentera l’électricité à la grille pour l’Autorité de l’eau et de l’électricité de Dubaï entre 4 heures du soir et 10 heures du matin. Un juteux contrat pour une durée de 25 ans…

L’idylle marocaine

Si le top management ne pense pas baisser la cadence en matière de développement à l’international, il n’en reste pas moins que la stratégie réservée au Sultana d’Oman, aux Emirats et au Maroc reste à part selon Mohamed Abunayyan.  D’ailleurs, pour les années à venir, le groupe compte investir près de 4 milliards de dollars dans des projets d’énergies renouvelables, répartis au Maroc, en Egypte, en Jordanie et à Dubaï.

Au Maroc, tout a commencé en septembre 2012,lorsque Acwa Power Maroc a remporté l’appel d’offre pour la construction de cette première tranche du méga projet piloté par l’agence publique Masen. Depuis, le groupe ne cesse de monter en puissance. La raison de cette ascension hors norme :une offre 28,8% inférieure à celle du deuxième soumissionnaire et des économies se chiffrant à 250 millions de dollars pour le royaume pour Noor II et et III

Aujourd’hui le portefeuille d’Acwa Power contient déjà les phases I, II et III du complexe solaire de Noor à Ouarzazate, de 160 MW, 200 MW et 150 MW respectivement, ainsi que le parc éolien de Khalladi (cf encadré 120 MW). Des projets  auquel il faut ajouter le contrat de développement et d’exploitation de Noor PV (photovoltaïque) 1, un ensemble de trois centrales solaires d’une puissance total de 170 mégawatts (MW). Le groupe saoudien, dont les activités en Afrique sont pilotées depuis Dubaï par Rajit Nanda et Lucas Hautvast (tous deux anciens du français Engie), et dont la filiale marocaine est gérée par l’algérien BadisDerradji, ancien PDG de NEAL (New energy Algeria) une société algérienne d’énergies renouvelables, ne cesse vraisemblablement d’engranger les succès même lorsqu’il est face aux opérateurs historiques mondiaux.

Pour Noor PV 1, Acwa Power s’est imposé face à une trentaine d’autres entreprises – regroupées en 20 consortiums – parmi lesquelles le français EDF Energies renouvelables, le chinois Sinohydro Corporation Consortium, et Abengoa Solar España.

Soumayya Douieb

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