Il est temps de passer au dépistage massif

Le nombre de guérison dépasse celui des décès

Par: Mohamed Khalil

Première bonne nouvelle, depuis l’apparition du premier cas de coronavirus chez nous, le 2 mars dernier. 15 nouvelles guérisons ont été enregistrées, vendredi. Entre jeudi à 21 heures et vendredi à 8 H. Et, pour la première fois le nombre de décès (47 au total vendredi matin) est  inférieur à celui des personnes guéries (49).

Aussi, les premières personnes infectées commencent à quitter les hôpitaux dans les grandes villes. Un bel espoir qui donne du baume au cœur de toutes les Marocaines et Marocains, en proie, ces derniers temps, à d’énormes soucis et craintes.

Il faudra signaler, également, que le nombre des cas exclus (parmi les nombreux contacts de toutes les personnes déclarées positives)  après des résultats effectuées au laboratoire, s’élève à près de 3000.

Ce chiffre parait, à première analyse, minime si l’on sait que la lutte contre le covid-19 a commencé il y a plus d’un mois.

Théoriquement, notre système de santé a détecté en un mois, autour de 100 cas négatifs par jour. Cependant, l’on ne sait pas le nombre exact ou approximatif des contacts de tous les 700 à 800 cas confirmés.

Un chiffre qui devrait, normalement, figurer, en bonne place, dans la communication du Ministère. Car, il approche le large public de la véritable situation épidémiologique au pays.

Loin de nous toute idée de remise en cause ou de doute sur les chiffres avancés, au jour le jour et au moins trois fois quotidiennement, mais la question, complémentaire, est de première importance.

Combien de «contacts»?

Autrement dit, – je reformule différemment l’interrogation- il reste combien de contacts, ayant eu des relations de proximité avec les 700 personnes infectées, qui n’ont pas encore subi de test de confirmation ou non de l’infection?

Ou bien faudra-t-il comprendre que les seuls chiffres qui existent sont ceux des contacts exclus, des cas positifs et, hélas, ceux des décédés?

Dans ce cas, le commun des mortels pourra comprendre que chaque cas avéré positif avait, en moyenne, autour de quatre contacts. Chose que seuls les détenteurs de la science épidémiologique et sociale peuvent éclairer.

Et, autre question qui vient immédiatement à l’esprit : est-ce que le Ministère de la Santé dispose de suffisamment de tests et de réactifs pour diagnostiquer tous les contacts (normalement déterminés de manière précise, responsabilité oblige) signalés par les personnes atteintes?

Car, si le directeur de l’épidémiologie affirme que «tous les contacts» des malades sont testés -ce qui est, également une nouvelle excellente- il ne dit pas, cependant, depuis quand..?

Aussi, d’après certaines sources fiables, nous apprenons que, quotidiennement et là encore l’on ne sait pas depuis quand, plus de 200 tests sont effectués par l’Institut national d’hygiène et l’Institut Pasteur-Maroc. Certainement l’hôpital militaire de Rabat en a fait aussi, alors que les laboratoires des autres hôpitaux militaires et quelques Centres hospitaliers universitaires viennent d’être mis à contribution.

Tests, le renfort…

Avec ce renfort, louable, en attendant l’arrivée des commandes de test (aucune date n’est avancée), la question de l’isolement systématique de tous les contacts s’avère indispensable.

Il ne faudra pas oublier que les Chinois ont vaincu la pandémie par l’isolement de tous les contacts des premières victimes et suivantes du coronavirus, dans des stades, à côté du confinement, strict,  rigoureux et sans complaisance ni relâchement, de toute la population.

C’est pourquoi, à l’heure où la situation de la pandémie au Maroc n’est pas si alarmante, il est indispensable de procéder –ou éventuellement continuer si c’est déjà le cas- à la mise en isolement de tous les contacts qui n’ont pas été prouvés négatifs.

Il en va de la réussite de la guerre que le Maroc et le monde livrent pour arrêter la propagation du virus.

Cependant, il faudra signaler que le Maroc ne dispose, valeur de jeudi, que des seuls tests PCR (Protéine-C réactive), réputés pour leur efficacité mais également pour la lenteur de leurs résultats (4 heures pour obtenir le résultat d’une analyse). Leur coût demeure à la portée du ministère de la Santé (500 DH l’analyse), mais pour un meilleur dépistage, les scientifiques préfèrent le test sérologique, présenté comme, relativement, plus fiable puisqu’il permet de savoir si une personne est atteinte ou non de la maladie et, donc, de repérer les personnes asymptomatiques (ayant contracté le virus mais sans symptômes).

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