Le conseil de gouvernement face aux effets de restrictions injustifiées

Casablanca dans l’expectative

Casablanca, le poumon du Maroc, est dans l’expectative. Le Conseil de gouvernement doit se réunir, en principe ce jeudi, pour donner une suite aux restrictions imposées à Casablanca et sa région depuis plus de dix jours.

Il faudra dire que la population est laissée à son triste sort subir des mesures jugées injustifiées et inexpliquées, au nom de sacro-saintes recommandations à connotations plus politiques que scientifiques.

Car les habitants de la grande métropole de sa région ne comprennent pas pourquoi les pouvoirs publics ne s’engagent pas dans une campagne de contrôle dans les lieux de grande fréquentation (cafés, restaurants, marchés de proximité, etc.) au lieu de punir près de 5 millions d’habitants. Tous reprochent aux pouvoirs publics de ne pas s’occupe du respect de la proximité dans les transports prives, surtout au niveau des tramway et des bus, souvent bondés, sans aucune crainte…

C’est probablement là les lieux à surveiller plus que d’autres mis en confinement dès 18 H ou de personnes punies par un couvre feu, lui aussi inexpliqué et encore moins justifié.

Et pourtant, c’est dans ces mêmes lieux que les règles de distanciation et de  port du masque ne sont pas trop respectées.

De plus, l’opacité perdure sur les chiffres avancés sans explication aucune, présentant la ville de Casablanca comme un foyer de grande contamination.

Du jamais vu, le gouvernement utilise des chiffres, qui ne cessent de croître, pour faire peur à la population comme cette maman, inculte, qui intimide son enfant en évoquant le diable… sans se soucier de leur logique ni de leur cohérence.

Aussi, si l’on analyse ces chiffres, depuis la dernière décision gouvernementale, l’on se rend compte que, malgré les mesures restrictives décidées la situation épidémiologique s’est encore plus aggravée que durant le début du mois de septembre.

Dès lors, quels sont les effets bénéfiques acquis auxquels les restrictions imposées depuis le lundi 21 septembre  et jusqu’au 4 octobre 2020?

D’ailleurs, de nombreux observateurs et experts émettent un doute sur la véracité des chiffres, surtout après le scandale du communiqué publié, sur le tard, par les autorités locales de Mohammedia faisant état de décisions restrictives draconiennes, sans soubassement statistique logique. Le comble est que le gouvernement fait la sourde oreille et ignore ces critiques, comme quoi après moi le déluge!

De l’avis de nombreux experts en épidémiologie, c’est le manque de contrôle qui fait cruellement défaut aux pouvoirs publics. L’Etat n’est pas en mesure de faire respecter ses propres lois et règles sur la distanciation, le port du masque et les règles d’hygiène. Or cela constitue la seule parade contre le virus qui se propage, certes, et ne fait de victimes que parmi les populations les plus fragiles (personnes âgées et malades chroniques de tous âges où à pathologies lourdes).

C’est à ce niveau que le gouvernement doit concentrer son attention de manière sérieuse, loin des mesures qui sont sans aucun effet sur la diminution de la circulation du virus.  Car ce ne sont pas les deux heures retranchées à la durée de l’ouverture des magasins, cafés ou restaurants qui auront l’effet de miracle sur le virus.

In fine, il faudra dire et répéter que l’on ne peut gouverner par la peur, d’ailleurs qui est le pire des virus et ne peut, en aucun cas, constituer un remède contre les incidences de la pandémie, le doute et le désarroi.

La mauvaise gestion de la pandémie est là, patente. Au gouvernement d’être modeste et de déclarer ses incompétences et l’inefficacité de ses décisions, qui ne font qu’aggraver la détérioration du moral de la population et provoquer leur impatience.

La bonne conduite consiste, en fin de comptes, en l’arrêt des mesures restrictives qui n’ont aucun effet contre la propagation du virus et de ne pas punir tout le monde, mais bien ceux qui ne respectent pas les règles de bon sens. Il arrive que mêmes les plus grands se trompent. Mais ils doivent avoir la modestie de le reconnaître.

Mohamed Khalil

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