Le Président Jacob Zuma dans l’œil du cyclone…

Les rues de Prétoria étaient «rouges» de monde ce mercredi 2 Novembre 2016. En effet, c’est par milliers que les militants des partis d’opposition et de la société civile, notamment les membres du mouvement de Julius Malema, les «Combattants pour la liberté économique» (Economic Freddom Fighters) – un mouvement d’extrême-gauche dissident de l’ANC –  ont investis, drapés de rouge de la tête aux pieds, les rues de la capitale sud-africaine et scandé à l’unisson «Zuma doit partir».

Même le Congrès National Africain (ANC), le parti au pouvoir, n’est pas en reste puisqu’il s’est trouvé lui-même déchiré entre les partisans du chef de l’Etat et ses détracteurs menés par le ministre des Finances, Pravin Gordhan. A noter, également, que, ce mardi, c’est la très respectée Fondation Nelson Mandela qui, à son tour, a appelé le Chef de l’Etat à se dessaisir du pouvoir.

Ainsi, comme on le voit, cette campagne est menée par des formations politiques que, d’habitude, tout sépare mais qui, cette fois-ci, dénoncent d’une seule voix la politique du  vieux Président Zuma.

Le vieux chef de l’Etat va-t-il être chassé du pouvoir ou, au contraire, va-t-il parvenir à neutraliser ses ennemis ? Va-t-il, comme le disent certains observateurs, «laisser glisser les événements et rebondir» par la suite ? Rien n’est moins sûr et ce, d’autant plus que le rapport explosif publié ce mercredi par la médiatrice de la République Thuli Madonsela exhorte le Parquet et la Police à enquêter sur les «crimes de corruption» commis par le Président de la République qui avait tout fait pour empêcher sa publication.

Dans ce brûlot, que la Haute Cour de Prétoria a finalement autorisé à paraître ce mercredi soir, sont exposées les dérives du chef de l’Etat, notamment sa concussion avec une famille d’origine indienne, la famille Gupta, qu’il aurait aidé à s’enrichir à travers des opérations illicites et qui serait même parvenue «à lui imposer la nomination de certains ministres pour favoriser ses propres intérêts». Le rapport en question juge «inquiétant» que le député David Van Rooyen «se soit rendu à sept reprises chez les Gupta (…) à la veille de sa nomination surprise au Ministère des Finances» en décembre dernier, alors qu’il n’était, jusque là, qu’un simple député. Il est à rappeler que cette nomination-surprise avait, en son temps, provoqué la panique des marchés et contraint le chef de l’Etat à rappeler, quatre jours après, le «très respecté» Pravin Gordhan.

Mais cette ambiance de kermesse a été perturbée par le grondement du tonnerre ; ce qui a poussé certains à allonger le pas en direction de la présidence. Or le chef de l’Etat n’y est pas puisqu’il se trouve en ce moment en visite au Zimbabwé voisin chez son vieil acolyte Robert Mugabe et que la foule devra, d’abord, s’atteler à lire les 355 pages du rapport élaboré par la médiatrice de la République Thuli Madonsela pour décider de la suite à réserver à cette affaire du départ du vieux Jacob Zuma…

Nabil El Bousaadi

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