Le Royaume en route pour devenir le hub le plus compétitif au monde

Secteur automobile

Aimen Bouzoggaghe

D’année en année, le secteur automobile ne cesse de se développer au Maroc. Guidés par la clairvoyance et la pertinence de la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, les projets prévus dans le cadre du plan d’accélération industrielle ont pour la plupart été achevés avant les deadlines. Aujourd’hui, l’écosystème automobile compte un peu plus de 250 usines avec un taux d’intégration de 60% ce qui permet au Maroc de s’ériger au 3e rang des pays les plus compétitifs, derrière la Chine et l’Inde, qu’il ambitionne de détrôner.

«Le Maroc veut devenir le meilleur au monde en terme de compétitivité. C’est annoncé, on ne fera machine arrière», a déclaré mardi dernier Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie Verte et Numérique, lors d’une conférence de presse à Casablanca «Nous allons travailler d’arrache-pied et mettre tous les moyens pour atteindre cet objectif avant 2025», a-t-il ajouté.

Un objectif qui parait atteignable au vu de l’essor remarquable et continu que connait le secteur, devenu en peu de temps le premier exportateur avant le phosphate. D’ailleurs Moulay Hafid Elalamy se réjouit de le souligner à chaque sortie médiatique. D’après lui, personne n’aurait pu imaginer qu’un secteur pourrait dépasser l’OCP en termes d’exportations, encore moins l’automobile.

Ainsi, au titre des cinq premiers mois de 2021, les exportations du secteur automobile se sont chiffrées à 35,4 milliards de dirhams (MMDH), en augmentation de 49,5% par rapport à fin mai 2020, selon les dernières statistiques de l’Office des changes. Par ailleurs, il faut souligner au passage que ces chiffres sont très souvent mis en doute par des ennemis agacés par le succès que connaît le Royaume. Aveuglés par leur jalousie, ils ne font que raconter des mensonges dans une tentative désespérée de mettre des bâtons dans les roues du Maroc qui préfère, comme à son habitude, de riposter par les accords, les réalisations et les inaugurations qui se succèdent.

Juillet 2021

Dernier événement en date, la signature à l’usine Casablancaise de Renault, Somaca, en présence de Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie Verte et Numérique, de Luca De Meo, Directeur Général du Groupe Renault et de Marc Nassif, Directeur Général du Groupe Renault Maroc, d’une convention qui fixe de nouveaux objectifs pour le développement de l’écosystème de Renault.

Ainsi, Renault Group confirme son dernier engagement, signé le 8 avril 2016 avec le Royaume devant Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à travers l’atteinte des 1,5 milliard d’euros de CA et 65% d’intégration locale en 2023.

«Nous sommes très heureux de donner une nouvelle impulsion à notre partenariat historique avec le Royaume du Maroc. Cet accord va permettre de renforcer la compétitivité et l’attractivité de l’industrie marocaine tout en la préparant pour l’avenir : la stratégie de décarbonation initiée par le Royaume est totalement en phase avec notre vision et sera un élément structurant dans les années à venir», a déclaré Luca de Meo à cette occasion.

Ainsi, le Groupe renforce son engagement pour développer l’écosystème Renault, avec la signature d’une nouvelle phase portant l’objectif de sourcing local à 2,5 milliards d’euros dès 2025 et une cible de 3 milliards d’euros. Renault Group Maroc s’engage également à porter son taux d’intégration à 80% à terme.

Des objectifs qui sont, comme l’a indiqué Elalamy lors de la conférence de presse, en parfaite adéquation la stratégie de relance industrielle visant à renforcer la compétitivité du Royaume à l’échelle mondiale.

Le Groupe a également fait savoir qu’il est en train de préparer l’industrialisation de nouveaux véhicules dans les deux usines marocains (Tanger et Casablanca), qui incluront progressivement les technologies d’électrification de Renault Group.

Par ailleurs, cet événement a été également l’occasion de dévoiler à la presse nationale la nouvelle Dacia Sandero produite à la même usine et dont la commercialisation est prévue pour le mois de septembre prochain.

Plus tôt dans le même mois, une nouvelle ligne de production de bornes de recharge pour véhicules électriques, 100% réalisées par des compétences marocaines, a été inaugurée. Fruit d’un projet de recherche développé par la plateforme Green Energy Park relevant de l’Institut de Recherche en Energie Solaire et Energies Nouvelles (IRESEN) et l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), conjointement avec l’entreprise marocaine EDEEP, la ligne de production « iSmart » permettra de générer la première année, une vingtaine d’emplois directs au niveau de Benguerir, ainsi que plus d’une centaine d’emplois indirects à travers l’écosystème qui a été créé avec différents industriels nationaux dans les secteurs de l’électronique, de la mécanique et de la distribution.

D’une capacité de production de 300 bornes mensuellement, cette ligne permettra d’assurer la production des précommandes. Elle ambitionne à travers son extension d’achever une production annuelle de 5000 bornes à partir de fin 2022.

Outre la production de la borne de recharge « iSmart », l’usine servira également au prototypage, à la pré-industrialisation et à l’industrialisation de nouveaux produits technologiques.

Le lancement de ce projet stratégique est une première qui reflète les efforts du Royaume dans le but d’instaurer une infrastructure de la mobilité durable sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Juin 2021

Fin juin, des bruits de couloirs ont laissé entendre que des pièces destinées aux voitures électriques de la marque Tesla seront produites au Maroc. Peu de temps après, l’information a été confirmée. La multinationale franco-italienne STMicroelctronics dont l’usine est située à Bouskoura avait remporté un contrat pour construire et fournir des puces électroniques pour les voitures du milliardaire américain Elon Musk. Une annonce qui intervient en pleine crise de puces électroniques que connaît le monde. En effet, depuis plusieurs mois, une pénurie de puces continue, à ce jour, de paralyser l’industrie automobile mondiale. Ainsi, le Maroc fait son entrée par la grande porte dans le marché émergent des voitures électriques et attirera certainement d’autres constructeurs qui cherchent de plus en plus à mettre fin à leur dépendance aux fabricants asiatiques.

Avril 2021

Clayens NP Morocco inaugure le projet d’extension de son unité industrielle à Mohammedia, spécialisée dans la production des pièces métalliques de précision destinées au secteur automobile, en présence de Moulay Hafid Elalamy. D’un investissement global de 73 millions de dirhams, cette extension, réalisée par le groupe, permettra l’augmentation de 70% de la surface de l’usine. Ce projet devra générer un chiffre d’affaires supplémentaire de 120 millions de dirhams et 100 emplois, portant la totalité de l’effectif à 550 emplois, selon le Groupe.

Dans le détail, l’investissement a consisté en l’installation de nouveaux équipements dotés de technologies de pointe visant à améliorer et à optimiser les procédés de fabrication, dans le cadre du processus de digitalisation de l’usine dans la perspective d’en faire une usine 4.0.

« Cette usine a démarré avec une équipe d’ingénieurs et de techniciens 100% marocaine et le responsable de l’ingénierie a aidé à démarrer la même usine en Inde. C’est le pays le plus compétitif dans le secteur automobile. Au Maroc, nous sommes capables de fabriquer des pièces complexes avec la meilleure compétitivité mondiale », avait déclaré le Moulay Hafid Elalamy lors de l’inauguration.

Quelques jours après, un nouveau site du centre technique des industries des équipements pour véhicules « CETIEV 2.0 » a été inauguré au complexe des centres techniques industriels à Casablanca. S’étalant sur une superficie de 3700 m², ce site, lancé par Stellantis (ex PSA) et le CETIEV, réalise pour la première fois au Maroc des essais physiques liés aux activités de développement et de validation automobile, effectués auparavant à l’étranger. Il s’agit plus particulièrement des essais électriques/électroniques, mécatroniques, acoustiques et vibratoires, ainsi que des analyses de synthèse véhicules.

Ce nouveau site, d’après Moulay Hafid Elalamy, présent à cet événement, contribue considérablement au développement de la recherche et développement dans le secteur automobile au Royaume et renforce la montée en compétence du centre et confirme l’engagement de Stellantis à soutenir le progrès technique et technologique du secteur automobile marocain.

Le site « CETIEV 2.0 », a été mis en place dans le cadre de la convention de partenariat signée, le 25 novembre 2019, à Casablanca concernant les activités du centre de pilotage R&D du groupe situé au Morocco Technical Center.

Le ministère a contribué à la réalisation du « CETIEV 2.0 », dont le coût global s’élève à environ 95 millions de dirhams (MDH), à hauteur de 33 MDH, destiné à la construction du bâtiment et aux équipements. Pour sa part, Stellantis a engagé une enveloppe de près de 60 MDH pour l’acquisition d’équipements et d’installations techniques spécifiques.

Janvier 2021

L’industrie automobile marocaine démarre l’année sur les chapeaux de roues. Deux protocoles d’accord pour la création de quatre usines dans le secteur automobile d’un investissement global de 912 millions de dirhams (MDH) et générant 8300 emplois ont été signés, à Casablanca, entre le ministère de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique et les deux groupes japonais Sumitomo et Yazaki.

Ces deux accords portent sur la réalisation de nouvelles unités industrielles de production de faisceaux de câbles par les deux groupes japonais.

L’investissement de Yazaki, d’un montant de 462 MDH, consiste en l’extension de ses activités au Maroc à travers la création de trois nouvelles usines du groupe à Tanger, Kénitra et Meknès, permettant de créer 6300 emplois.

Pour sa part, Sumitomo prévoit la création de sa 5e usine à Casablanca afin de satisfaire les besoins de ses clients Fiat Chrysler Automobiles (FCA) et CNH Global. Ce nouvel investissement de 450 MDH devrait générer 2000 emplois, selon le Groupe.

Présent depuis 2000 au Maroc, à travers une usine à Tanger employant 4650 personnes, deux autres à Kénitra employant un effectif de 4200 personnes et une quatrième à Meknès employant 4000 personnes, le groupe Yazaki réalise un chiffre d’affaires de 5 milliards de dirhams par an dans le Royaume.

Quant à Sumimoto, il s’est installé au Maroc en 2001 via 3 filiales (Sews MFZ, SEBN et Sews Cabind). Le groupe emploie au sein de sa société Sews Cabind plus de 6300 personnes dans ses 4 usines de production, dont deux à Ain Harrouda, une à Casablanca et une autre à Berrechid.

Décembre 2020

Preuve irréfutable de la dynamique exceptionnelle que connaît la filière au Royaume. Le projet d’extension de la Zone d’Accélération Industrielle (ZAI) de Kénitra signé, à Casablanca, par le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie Verte et Numérique, Moulay Hafid Elalamy et le Directeur général de la Caisse de Dépôt et de Gestion, Abdellatif  Zaghnoun. D’une superficie d’environ 96 hectares, dans la commune Ameur Saflia (province de Kénitra), cette extension devra renforcer la capacité d’accueil de la zone ayant atteint, aujourd’hui, un taux de 94%.

Ce protocole d’accord avait défini les modalités et les engagements des parties prenantes notamment en ce qui concerne la mobilisation du foncier et la réalisation des études nécessaires pour l’aménagement, le développement, la promotion, la commercialisation et la gestion de la nouvelle extension de cette ZAI.

Dans ce cadre, MEDZ, filiale de la CDG, s’est chargé de la réalisation des études nécessaires à ce projet, dont les études urbanistiques et techniques, de protection des inondations et d’impact environnemental, ainsi que de l’étude financière prévisionnelle du projet.

A cette occasion, Elalamy avait rappelé que l’écosystème du groupe automobile Stellantis (ex PSA) implantée dans cette zone compte plus de 60 fournisseurs de pièces automobiles, notant que cette nouvelle extension est en ligne avec l’objectif du groupe d’atteindre un taux d’intégration de 80% en 2023.

Inaugurée en 2012, la ZAI a permis d’ériger la région du Gharb en pôle industriel compétitif et attractif pour de nombreux investisseurs de renommée mondiale.

Cette extension devrait permettre d’élargir la zone destinée aux fournisseurs de Stellantis. Aujourd’hui, la ZAI compte 49 sociétés représentant un investissement global de plus de 20 milliards de dirhams ayant permis de créer 36.571 emplois.

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