Les exigences de la relance!

Alors qu’on s’attelle à mettre en avant un plan de sortie de l’état d’urgence sanitaire  pour faire face à la crise économique qui, d’ores et déjà, a paralysé les secteurs de la vie active, des voix malveillantes s’élèvent, sans scrupule, appelant à mettre en place «un gouvernement de salut national formé de compétences et de technocrates».

Une tentative visant à déstabiliser le processus démocratique du pays et à faire revenir des impostures surannées relatives à la gestion des affaires publiques. C’est une atteinte à l’évolution des institutions, confortées par la constitution dont la teneur avancée n’est plus à démontrer, plaçant en position de choix les opérations électives, desquelles émanent les représentants du peuple aux différentes instances y compris l’exécutif.

Il est donc invraisemblable de verser dans de tels détournements qui exploitent le temps de crise pour faire passer des insanités, tel le maudit projet de loi inhérent à l’usage de réseaux sociaux, appelé communément: «étouffement des libertés». Certes, on se désole de constater les limites ahurissantes de l’actuel gouvernement, ainsi que les discordances criardes de ses principales composantes.

A cet égard, on déplore les micmacs dont fait preuve ses constituantes à propos des décisions prises à la hâte, en ces moments de la pandémie, sans aucune  concorde, semant ainsi de l’amalgame au sein de l’opinion publique nationale. Il est bien vrai également que des «alliés» aux intentions hégémoniques veulent la peau du parti majoritaire, avant l’expiration du mandat.

C’est aussi une manœuvre indigne qui fait fi aux dispositions démocratiques et partant, porte préjudice aux intérêts et droits légitimes des populations, loin de toute discorde intestine. En fait, cet appel mortifère requiert du discours de la myopie politique voire de l’immondice morale dont la nation ne se prête, en ce temps d’union et de communion.

En revanche, notre pays est surtout en quête d’une stratégie urgentissime de sortie résolue de l’asphyxie qui accable son économie. Tout d’abord, il ne s’agirait plus de rééditer les procédés d’avant-épidémie, fondés sur l’injustice sociale et territoriale, sur la précarité des larges franges de la société marocaine, sur l’hégémonie de la minorité accaparent la majeure partie des ressources du pays, sur l’avilissement et l’asservissement du paysage politique, sur le dysfonctionnement des structures de la vie administrative, par de manies rentières, corruptives et dépravatrices.

Sur la mise sous l’éteignoir des valeurs sociétales qui ont constamment prévalu dans une nation séculaire de vertu, de tolérance et de décence… «Plus jamais ce passé sombre !», dirait le citoyen éperdument ignoré dans ce modèle désuet. Le Maroc a grand besoin d’un autre refrain plus séant, en phase des mutations profondes de la société et en rupture avec les mécanismes de paupérisation du néolibéralisme dont les avanies font actuellement l’objet de rejet systématique, un peu partout dans le monde.

Notre pays a tout intérêt à adopter une stratégie liée au dessein de l’Homme, dans sa diversité existentielle, seul garant de la pérennité de modèle de développement. Elle reposera sur trois fondements essentiels, à savoir, la dimension économique forte, autonome et compétitive, organiquement soudée avec la dimension sociale et culturelle qui, de son côté, favorise les politiques publiques dont l’Etat assure, en tant que régulateur et catalyseur, la stabilité et l’évolution de la condition humaine.

Tous ces piédestaux sont inéluctablement conditionnés par un climat démocratique sain qui veille au respect des règles et à la valorisation et la capitalisation de toutes les énergies de la nation.

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