Les victimes de l’immobilier!

Au Maroc, l’achat d’un appartement ou d’une villa constitue un réel calvaire à faire douter les plus optimistes. Dans ce sens, il n’y aura point d’exemples qui puissent manquer, puisque nombre de conflits ardus entre les acquéreurs et les promoteurs finissent par atterrir sur les comptoirs des magistrats.

Entaché de vil  discrédit sur la quasi-totalité de phases de transaction, l’immobilier perd l’attribut de confiance de la clientèle, aussi bien au sein de l’opérateur public que ses divers homologues privés. A bien des égards et souvent désabusés, les acheteurs sont pris au dépourvus par des malfaçons du produit foncier ou encore des retards de livraison, à des durées agaçantes.

A ce propos, on pourrait citer une infinité de cas hallucinants à travers le royaume où des opérations entières sont soumises à des irrégularités du promoteur national. A titre d’exemple et non des moindres, on évoquera le «scandale» de l’une des unités de «Tarek Al Kheïr» à Agadir.

Ce programme de version économique fut lancé en 2014 et destiné, en particulier aux citoyens à moyenne bourse. Mais, à la grande déception de ces infortunés, la remise des clés ne s’était accomplie qu’en 2020, après qu’ils se soient acquittés de tous leurs dus, au dernier centime.

Plus de six ans de martyr pour récupérer le domicile, après des va-et-vient vers le siège de la société publique totalement indifférente à leurs sévices et  préjudices tant moral que matériel.

En effet, leur surprise fut de surcroît, plus intense, quand ils se rendus compte que leur appartement, pourtant neuf, était complètement délabré par l’usure  de toutes ces années d’atermoiement assassin. Pis encore, ils se sont aperçus que les services d’électricité et d’eau potable n’étaient pas opérationnels, car les branchements ne sont pas effectués, comme prévu. Les victimes de ces désagréments mortifères durent se livrer à des sollicitations auprès de la RAMSA ou l’ONEE pour réparer cette gabegie irritante.

La grogne de ces malheureux plaignants monte d’un cran, au vu de ce désastre dans lequel ils sont jetés sans aucun scrupule. Certains font circuler l’idée de se constituer en collectif afin de se faire indemniser et de recouvrer leur droit légitime qui fut manifestement enfreint par la conduite  indigne de cet établissement de l’Etat envers des citoyens. Il est donc insensé et inadmissible que ce comportement soit encore toléré, alors qu’on prétend s’acheminer vers l’Etat des institutions.

Ce genre d’«arnaque» avérée qui doit dénoter de dissonance ahurissante en termes de gouvernance administrative, serait en déphasage criard avec l’entrain de démocratie et d’équité, sensé régner  dans la nation, résolument tournée vers ces valeurs. En fait, «Tarek Al Kheïr» ne représente qu’un échantillon parmi tant d’autres qui subsistent encore dans le rapport promoteur national et clients, tout registre social confondu. Il n’y a pas longtemps, on avait soulevé le grabuge du programme de villas économiques semi-finies au quartier Hay Mohammedi d’Agadir, appelé «Lilas».

Aujourd’hui, on est bien au lotissement «Tarek Al Kheïr», sans parler des comportements louches qui marquent, pour une bonne partie, les agents de la boîte immobilière et les demandeurs, caractérisés par l’opacité des offres, la dissimulation de certaines opportunités et les sous-tables criants…

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