Levée progressive des tabous!

De tout temps, notre pays a procédé par progressivité. Cette approche lui a permis d’éviter de tomber dans la précipitation qui, généralement, entraine la casse. En effet, la fameuse trilogie, chère à feue Nawal Saâdaoui, à savoir Politique, Religion et Sexe, était abordée chez nous avec la plus grande minutie. D’autres concepts aussi délicatstelles l’intégrité territoriale et l’amazighité, entre autres, étaient pareillement entretenus dans la sagesse et la pondération.

Au fil du temps, on parviendra à banaliser nombre de tabous qui, il y a quelques années, s’érigeaient en sujets prohibés, pour des raisons excessivement sécuritaires. On se rappellera la prudence dont était couverte la langue amazighe, au point de l’acculer à la quasi négligence. Aujourd’hui, on la hisse au tout premier plan constitutionnel, au même titre que l’arabe. Cette consécration est passée, effectivement, par plusieurs phases progressives, ponctuées par cette reconnaissance constitutionnelle.

Dans le même ordre d’idées, la cause nationale a toujours été l’apanage d’une minorité de décideurs qui en détenaient toutes les ficelles, en la couvrant d’une opacité sèchement verrouillée.

Actuellement, la diplomatie populaire, brandie par la société civile, partout dans le monde, vulgarisait cette exclusivité, tout en notant la perméabilité relative de la diplomatie officielle à cet effet. A mesure de cumuler les expériences électorales, en dépit de ses déchéances nocives, la notion de la politique ne fait plus peur dans les milieux populaires, car, afin de monopoliser les centres de décision, on faisait croire aux masses que la politique, particulièrement celle de la gauche, était synonyme d’atteinte à la monarchie et au régime. Maintenant, les marges de liberté et des droits humains acquises dans un climat plus avenant, malgré le maintien de nombre de déficiences, donnaient au concept de la politique plus d’ampleur et d’accessibilité.

Dans ce sillage, si les diverses libertés ont sensiblement évolué, la liberté sexuelle, quant à elle, est continuellement mise en «camisole», puisqu’intimement liée aux préceptes cultuels. De prime abord, on ne manquera pas de mettre en évidence la justesse de la «monarchisation» de la chose religieuse, autour du Commandeur des croyants, afin de garantir la stabilité, dans une société résolument conservatrice.

Néanmoins, on soulignera également l’effet de modération qui émaille les pratiques cultuelles traduisant, en fait, nos valeurs de tolérance et d’ouverture, des décennies durant.

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