Notre futur imprévisible

Dans quelques jours, la vingtième année du 21ème siècle sera entamée. Que de choses ont changées! Des plus futiles aux plus sérieux, les changements sont tels que le monde que l’on connaissait, il y a seulement quelques années, n’est plus. La vitesse du changement est partout et en tout exponentielle.

Partout la crise couve et partout la société semble bloquée. La mondialisation, tout en apportant ici et ailleurs, avec des variations relatives à chaque société, la démocratie, le respect des droits de la personne humaine, la durabilité du développement n’a fait qu’accroitre les inégalités sociales et spatiales.

La violence et le terrorisme sont devenus des menaces réelles dans le contexte global, régional ou local. Le numérique est partout et l’intelligence artificielle s’impose. La recherche du profit est devenue oncogène en crises successives alors que la recherche du bienêtre collectif et du vivre ensemble balbutie dans un monde où l’argent est roi.

C’est dans ce cadre que se situe la recherche d’un nouveau modèle économique qui conduit obligatoirement à tracer les contours d’une nouvelle société où la gestion des affaires doit se baser sur de nouveaux consensus issus de la participation, de la bonne gouvernance et de la corrélation entre la responsabilité et la reddition des comptes, tout cela en application de l’article premier de la Constitution.

Si le pire n’est pas à venir; le meilleur tarde à venir. L’attente est immense; et vivement l’été 2020 pour que la morosité ne gâche pas la vie des habitants du beau pays qui est le nôtre. La crème distinguée de l’élite a le devoir de ramener la confiance.

La mise en œuvre des conclusions de la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement sera confrontée aux déficits reconnus et enregistrés dans le développement humain du pays. La «masse critique» de l’élément humain qui aura en charge le nouveau modèle de développement est très loin d’être optimale et les fonds qui seront à investir doivent dépasser l’endettement national qui ne fait que s’alourdir.

Ceux qui mangent dans «l’écuelle actuelle» par la rente, la corruption, la cupidité, l’illégalité et l’exploitation outrancière des ressources nationales essayeront de maintenir «le vieux modèle». La population qui souffre de ce dernier est à mobiliser sérieusement pour que le «nouveau modèle» s’impose; car elle est devenue méfiante à l’égard de son élite, défiante envers les promesses censées améliorer sa situation et suspicieuse à force d’avoir avalée beaucoup de couleuvres.

Elle provoquera aussi l’ire de tous les réactionnaires ; toutes celles et tous ceux qui restent accrochés au vieux modèles comme si le temps était figé sans aucune dynamique, que l’internet n’existe pas, qu’un chromosome artificiel  n’a pas été fabriqué, que l’eau n’a pas été repérée sur la Lune et sur Mars… Ceux et celles qui ramènent toutes les choses à leur croyance sans prendre conscience que  l’inconnu délivre ses informations à tel point que le savoir humain se révolutionne.

La CSMD compte interagir et développer une écoute aussi large qu’ouverte avec les différentes composantes de la société marocaine. Vieille ficelle pour donner l’impression que tout le Maroc a participé à l’élaboration du «nouveau modèle» alors que le débat fait défaut. Inverser l’approche serait plus pédagogique, plus formateur et plus mobilisateur.

Que les honorables membres de la Commission distinguée animent le débat et s’engagent à travers les médias, les tables rondes et autres meetings, à expliciter leur méthodologie, leurs principes d’action et leur volonté de trouver les modalités « (pour) répondre aux demandes et aux besoins croissants des citoyens (et) de réduire les inégalités sociales et les disparités spatiales».

La CSMD devra aussi contribuer à faire revigorer les acteurs du champ politique national en leur accordant l’intérêt qui leur revient conformément à l’article 7 de la Constitution. «Les partis politiques œuvrent à l’encadrement et à la formation politique des citoyennes et citoyens, à la promotion de leur participation à la vie nationale et à la gestion des affaires publiques. Ils concourent à l’expression de la volonté des électeurs et participent à l’exercice du pouvoir, sur la base du pluralisme et de l’alternance par les moyens démocratiques, dans le cadre des institutions constitutionnelles».

Autant pour reconfirmer le rôle de l’Etat qui, au-delà de son rôle dans le  maintien de l’ordre public et la réalisation des missions régaliennes, doit faire face aux déficiences  et «au fonctionnement non optimal du marché». Il doit intervenir en privilégiant l’efficacité économique et en évitant le gaspillage… La CSMD s’éloignera alors de la commission administrative, formée par des compétences capables de trouver le consensus pour faire croire, plus que faire vivre, la population dans un futur qui reste imprévisible.

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